Liberté de la presse, de l'imprimerie et de la librairie : 132 ans déjà

Cécile Mazin - 29.07.2013

Edition - Librairies - liberté de la presse - imprimerie - librairie


Ce 29 juillet devrait être célébré par la presse, l'imprimerie et la librairie sans avoir quoi que ce soit à rendre ni à Google, ni à Dassaut. En effet, en 1881 fut adopté la loi sur la liberté de la presse, garantissant aux trois métiers une indépendance et une autonomie complète. Voilà maintenant 132 ans que cela dure, et toutes les rédactions sabreront le champagne ce soir. Après le travail... 

 

 

Freedom of Speech:

La liberté de parole, pas un permis d'être idiot

Global X, CC BY 2.0

 

 

Article 1er : 

L'imprimerie et la librairie sont libres

 

Article 5 : 

Tout journal ou écrit périodique peut être publié, sans autorisation préalable et sans dépôt de cautionnement, après la déclaration prescrite par l'article 7.

 

Voilà les principales modalités de cette législation, directement inspirées de l'article 11 de la Déclaration des droits de l'Homme et du Citoyen, où l'on pouvait lire : « La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l'Homme : tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l'abus de cette liberté, dans les cas déterminés par la Loi. »

 

La loi eut également le mérite de rompre avec l'ancien procédé : la IIe République donna au Quatrième pouvoir la force nécessaire pour profiter de la liberté d'expression nécessaire, transformant un système auparavant préventif, en système répressif. Jadis, la presse était conditionnée par les autorisations et cautionnement impératifs à la création d'un média. 

 

Ainsi, l'article 68 de la loi met un terme à ces pratiques anciennes : 

Sont abrogés les édits, lois, décrets, ordonnances, arrêtés, règlements, déclarations généralement quelconques, relatifs à l'imprimerie, à la librairie, à la presse périodique ou non périodique, au colportage, à l'affichage, à la vente sur la voie publique et aux crimes et délits prévus par les lois sur la presse et les autres moyens de publication, sans que puissent revivre les dispositions abrogées par les lois antérieures.

Est également abrogé le second paragraphe de l'article 31 de la loi du 10 août 1871 sur les conseils généraux, relatif à l'appréciation de leurs discussions par les journaux.

 

Et ce souffle de liberté nouveau a profité largement, puisqu'entre 1885 et 1887, on compte, à Paris, une augmentation du nombre de publications, passant de 1540 à 1665. Dans leur ouvrageHistoire générale de la presse française, parue aux PUF en 1972, MM Claude Bellanger, Jacques Godechot, Pierre Guiral, Fernand Terrou expliquaient : « Les progrès de la consommation des journaux entre 1880 et 1914 et la place de choix occupée dans leurs colonnes par la politique intérieure contribuèrent largement à la démocratisation de la vie politique. […] La presse a indéniablement fait de la politique la préoccupation essentielle d'une masse sans cesse croissante de lecteurs. » (via L'histoire par l'image)

 

Voilà quelques mois, les éditeurs de presse française a signé un règlement avec Google, sous le regard du président de la République, François Hollande. Il s'agissait de mettre fin au contentieux, avec un chèque de 60 millions $, permettant de développer l'information en ligne. La presse souhaitait mettre un terme à la monétisation par les publicités de Google aux titres référencés par le moteur de recherche, accusant la firme de faire de l'argent sur leur dos.