Liberté pour la littérature chinoise, une alerte du Palais de Tokyo

Julien Helmlinger - 11.01.2013

Edition - International - Littérature chinoise - Liberté d'expression - Palais de Tokyo


Les Alertes, inaugurées en juin 2012 avec l'affaire des Pussy Riot, consistent en des invitations faites à des artistes et commissaires d'exposition, les conviant à s'approprier un espace du Palais de Tokyo afin d'y évoquer les dossiers brûlants de l'actualité. A l'occasion de la seconde alerte, le centre d'art contemporain présente « Liberté pour la littérature chinoise ! » le 17 janvier. Une rencontre en présence du poète dissident Liao Yiwu, de Robert Badinter, et animée par le président de Rue89, Pierre Haski.

 

 

 

 

L'engagement croissant des intellectuels chinois ces dernières années, en faveur de la liberté d'expression, a catapulté le débat sur la censure au premier plan. À l'origine, « Liberté pour la littérature chinoise ! » est le nom d'une tribune signée par Liao Yiwu, et parue dans Le Monde du 11 décembre. Un pamphlet en faveur de son ami et poète Li Bifeng, condamné à 12 ans de prison.

 

A l'initiative de Marie Holzman, sinologue, et de Jean-François Bouthors, éditeur et écrivain. Responsable du projet, Vittoria Matarrese.
 

A Li Bifeng, Ai Weiwei, Liu Xiaobo et les innombrables prisonniers de conscience en prison

 

Parce qu'ils ont écrit et parlé, ils ont été enfermés entre les quatre murs d'une prison. Je suis leur collègue. Je me suis évadé de Chine et je me retrouve enfermé dans une prison invisible.Tant qu'ils n'obtiendront pas la liberté, je ne saurais trouver la paix intérieure. 


Liao Yiwu

 

L'écrivain Liao Yiwu a composé Massacre, dans la nuit du 3 au 4 juin 1989, quelques heures avant que l'armée n'ouvre le feu sur les étudiants rassemblés sur la place Tian'anmen et qui réclamaient des réformes démocratiques.

 

Pour avoir diffusé ce chant de mort, et avoir réalisé ensuite le fim Requiem avec ses amis en hommage aux victimes de la répression, il a été interpellé le 16 mars 1990, et condamné à la prison jusqu'à sa libération en janvier 1994.

 

Il a finalement pris la décision de fuir son pays en 2011, dans la clandestinité, tandis qu'il se trouvait menacé d'un nouvel emprisonnement au cas où il publierait à l'étranger ses mémoires plusieurs fois confisquées en Chine. Et depuis son arrivée en Europe, le Chinois n'a cessé de se faire le défenseur des droits de l'Homme ainsi que de ses compatriotes dissidents condamnés en son pays natal.

 

Liao Yiwu, Li Bifeng, Liu Xiaobo, Ai Weiwei... même combat.