"Libraire indépendant ne veut pas dire libraire isolé" (SLF)

Antoine Oury - 01.07.2014

Edition - Librairies - librairies indépendantes - Matthieu de Montchalin - leslibraires.fr


L'Hôtel de Massa accueillait ce matin l'équipe de la plateforme leslibraires.fr, qui propose aux librairies indépendantes un site collaboratif, offrant une vitrine en marque blanche pour monter une boutique en ligne. 105 boutiques ont fait confiance à la structure, qui se félicite de cette réunion autour d'une offre Internet de qualité. Tout comme la ministre Aurélie Filippetti, qui a effectué le déplacement, et Matthieu de Montchalin, président du Syndicat de la Librairie Française (SLF).

 

 

Charles Kermarec (leslibraires.fr) et Aurélie Filippetti

Charles Kermarec (leslibraires.fr) et Aurélie Filippetti (ActuaLitté, CC BY-SA 2.0)

 

 

La plateforme fête ses 14 années d'existence, et ses 105 adhérents, pour un catalogue de 486.163 titres papier : l'équilibre des comptes sera prochainement atteint, assure Charles Kermarec, fondateur de la plateforme et chargé de la stratégie de la librairie Dialogues, dont la première boutique a été ouverte à Brest en 1976.

 

« À cette occasion, le capital de plateforme sera ouvert aux autres librairies, ce qui en fera une véritable coopérative », souligne Charles Kermarec. L'offre de livres numériques est présente sur la plateforme, et les éditeurs peuvent manifester leur soutien dès à présent, avec l'affichage de bannière ou l'achat d'un corner dédié dans un coin des pages des librairies.

 

Pour ces dernières, le service est complet, à peu de frais : la place de marché globale leslibraires.fr ne réclame pas de frais d'entrée ou d'abonnement, et prélève 6 % sur les ventes réalisées. En revanche, pour la fabrication de site Internet pour les boutiques, elle revient à 300 € hors taxe, avec 50 € d'abonnement mensuel. Les ventes aux particuliers sont taxées à hauteur de 1,5 %, celles des ventes numériques à hauteur de 9 %.

 

Matthieu de Montchalin, président du SLF et PDG de L'Armitière, à Rouen, peut en témoigner, puisque son propre établissement a recours aux services de leslibraires.fr, à raison de 7 à 15 commandes Internet par jour, soit 2 % du chiffre d'affaires de la librairie réalisé en ligne. « Je suis particulièrement reconnaissant à Charles Kermarec d'avoir ouvert sa plateforme aux autres libraires [dès 2010, NdR] », souligne Matthieu de Montchalin.

 

« Quand il s'agit de proposer un service en ligne, un site Internet, les libraires indépendants ont besoin d'une solution mutualisée, qui libère le libraire des problématiques techniques, de mise aux normes ou de maintenance. La raison du succès de leslibraires.fr, c'est que les équipes de Dialogues ont raisonné comme des libraires dès sa conception », souligne le président du SLF.

 

Une solution par et pour des libraires, en somme, qui aura connu un destin plus heureux que 1001libraires, plateforme proposée par le SLF lui-même. « Les projets doivent mûrir, pour s'adapter aux usages des uns et des autres. L'enjeu, c'est de fournir un service aux clients avec ce qui existe. À présent, la mutualisation pour le livre papier ouvre celle pour le livre numérique, qui ne représente plus un problème majeur à l'exception des DRM. PNB, pour le prêt numérique en bibliothèque, a aussi eu besoin de temps, mais permettra finalement d'offrir un meilleur service », explique Matthieu de Montchalin.