Libraires et éditeurs espèrent aboutir à une remise de 5 % pour les livres

Nicolas Gary - 17.05.2018

Edition - International - librairie Italie livres - remises vente libraire - éditeurs libraires Italie


#SalTo18 – L’Italie vit actuellement une période politique complexe : l’accord passé entre le mouvement 5 Stelle et le Lega Nord pour établir un gouvernement a été long à venir. Et pour les professionnels du livre, cela retarde d'autant plus le bon fonctionnement des institutions.

 

Paolo Ambrosini
Paolo Ambrosini
 

 

Le président de l’Associazione Librai Italiani, Paolo Ambrosini, avait inauguré la 74e Assemblée nationale par un discours portant sur le métier même. La librairie, en Italie, a connu dernièrement un soutien par le crédit fiscal vécu comme « un signal concret et encourageant ». Les pouvoirs publics ont en effet accordé 4 millions € d’aides – mais encore faudra-t-il que le nouveau parlement à venir partage la vision que le précédent avait adoptée.

 

Améliorer la vie des libraires, pour une nation de lecteurs
 

« La véritable différence entre les vendeurs en ligne et notre métier s’opère en librairie, justement : notre travail est celui du conseil et de l’accueil », poursuivait Paolo Ambrosini. Or, de meilleures conditions commerciales avec les éditeurs et les distributeurs seraient à instaurer, « pour obtenir une reconnaissance de ce métier. [...] De meilleures marges sont nécessaires pour les libraires ».

 

Et de rappeler que le maillage des librairies, sur le territoire, ne manque jamais de s’impliquer. Ainsi, après les différents tremblements de terre qui ont frappé le bel paese, « les livres offerts par les éditeurs ont été transmis par les libraires de l’ALI », rappelle son président.

 

Outre le crédit fiscal, les professionnels négociaient ces derniers temps, avec les parlementaires, la modification de la loi Levi. Cette dernière impose un niveau de remise maximal. « Faire appliquer la loi au mieux ne permet pas aux libraires de mieux gagner leur vie : la base de notre communauté, c’est le respect des règles, sinon, c’est le Far West ». 

 

Entrée en vigueur en 2011, la loi Levi permet de limiter à 15 % du prix de vente les ristournes pratiquées par les revendeurs. Or, les discussions depuis plus d’un an portent sur une restriction à 5 %, calquée sur le modèle français, de ces remises.

 

Et pour aller plus loin, suggère le président de l’ALI, « il faut changer la perception que l’on a du livre, il faudrait faire disparaître toutes les taxes liées aux livres ». Actuellement, la TVA est fixée à 4 % pour les livres papier et depuis décembre 2014, ce taux concerne également les livres numériques.
 

“L'économie digitale,
nous n’avons toujours pas compris ce qu’elle paye !”

 

Ricardo Franco Levi, président de l’Associazione Italiana Editori a pu profiter de l’occasion pour souligner que les éditeurs italiens ne sont plus opposés à l’établissement d’une remise maximale. « Il nous paraît fondamental de maîtriser au mieux ce qui se passe dans le secteur. Mais également de respecter le pluralisme de l’offre : il nous faut trouver dans la loi un point d’accord, pour la rendre, comme je l’avais voulu, capable d’évoluer. »
 

5 %, les éditeurs sont désormais d'accord

 

Ricardo Levi était en effet à l’origine de la législation italienne : aujourd’hui, il souhaite que les choses évoluent, « parce que la loi avait pour vocation de pouvoir suivre les évolutions du marché. Ce qu'il faut noter, c'est que les éditeurs ne sont plus opposés à cette réduction de la remise, comme on a pu l'entendre ». La collaboration avec la future chambre parlementaire nécessitera de convaincre les deux grandes tendances.


Ricardo Franco Levi - Paolo Ambrosini
Ricardo Franco Levi

 

« Pour schématiser, il y a une droite qui verse dans le libéralisme idéologique, pour qui il ne devrait y avoir qu’une seule librairie et qu’un seul éditeur. En face, une gauche qui pense aux consommateurs en priorité et pour qui l’offre doit être accessible à tous. La bataille sera longue à mener, mais les aides fiscales récentes sont venues confirmer que la tendance était bien là », conclut le président de l’AIE.

 

Reste donc à l’ensemble de la chaîne... à se comporter véritablement comme un ensemble fédéré et solidaire, reprenait Paolo Ambrosini. Et de reprendre à son compte la devise des mousquetaires de Dumas, un pour tous, tous pour un. « L’avancée fiscale permise par Dario Franceschini [ministre de la Culture, Ndlr] est bonne, mais pas suffisante. L’enjeu est de construire une relation à la lecture, et l’intervention des libraires est fondamentale. »

 

Et de conclure : « Turin a passé un pacte avec la lecture et les lecteurs. En réunissant des institutions et des professionnels, nous devons œuvrer à ce que la richesse de nos échanges, durant cette 31e édition, ne soit pas perdue. »
 




Commentaires

Pas de commentaires

Poster un commentaire

 

grin LOL cheese smile wink smirk rolleyes confused surprised big surprise tongue laugh tongue rolleye tongue wink raspberry blank stare long face ohh grrr gulp oh oh downer red face sick shut eye hmmm mad angry zipper kiss shock cool smile cool smirk cool grin cool hmm cool mad cool cheese vampire snake exclaim question

Vous répondez au commentaire de

Cliquez ici pour ne plus répondre à ce commentaire

* Laisser vide pour ne pas reçevoir de notification par email de nouveaux commentaires.