Libraires, lecteurs : les mentalités évoluent autour de l'autopublication

Clément Solym - 14.03.2016

Edition - Société - autopublication livres - écrivains indépendants - libraires lecteurs


Le salon de Paris annonce le retour des hirondelles, et des études portant sur l’autopublication. Edilivre fournit avec Books on Demand quelques données sur leurs clients auteurs, et les usages contemporains. Publier un livre, même loin des sentiers de l’édition traditionnelle, reste un objectif premier pour ceux qui écrivent.

 

Open book

Wim Goedhart, CC BY 2.0

 

 

Écrire, toute une histoire : 50 % des gens y voient une occupation première, et plus d’un tiers y consacre 10 heures par semaines. 

 

L’enquête dégage deux profils : les auteurs de loisirs, représentant 77 % des répondants – avec, tout de même, 22 % qui en dégagent des revenus. En face, les auteurs chevronnés – et pour 51 % d’entre eux, la vente de livre représente une source de revenus. Dans un cas comme dans l’autre, on ignore ce que les montants peuvent signifier. 

 

« Quel que soit leur profil, la liberté reste pour tous l’un des principaux moteurs dans le choix de ce mode d’édition alternatif, les auteurs cherchant avant tout à pouvoir contrôler le contenu (95 %), les droits d’auteur (85 %) ou encore la promotion (73 %) », indiquent les répondants. 

 

La promotion représente ainsi une heure de temps hebdomadaire, pour 60 % des répondants. Et dans cette perspective, l’implication du lecteur est un vecteur important. 46 % des auteurs affirment intégrer les lecteurs dans le processus de création, avec trois approches : 

 

  • le développement du contenu (61 %) 
  • le choix de la couverture (37 %) 
  • le choix du titre (27 %)

 

 

Les auteurs n’engagent toutefois que peu de moyens personnels pour la fabrication et la promotion directe de leurs livres : conception, relecture, correction et mise en page sont souvent déléguées à des tiers. Avec un budget moyen de 200 € pour 20 % d’entre eux – et 30 % qui ne dépensent rien pour ce faire.

 

Les auteurs passent également par un duo numérique et papier pour la commercialisation – ils sont 66 % à offrir les deux formats. Seuls 29 % ne vendent que la version imprimée. 

 

Ayant souvent mauvaise presse, l’autopublication semble malgré tout convaincre... les lecteurs : 65 % ont apprécié leur lecture. Et pour motiver leur achat, on cite « le contenu (97 %) et le résumé du livre (94 %), loin devant son prix de vente (74 %), les critiques diverses (57 %) ou encore l’auteur du livre (52 %) ».

 

L’évolution porte également dans les librairies : 74 % des répondants libraires affirment avoir déjà proposé, ou le faire encore, des livres autopubliés. 43 % organisent et/ou prévoient d’organiser une séance de dédicace prochainement. Plusieurs éléments parviennent à les en convaincre : 

 

  • de meilleures conditions commerciales (65 %)
  • une meilleure mise en page (50 %)
  • un meilleur référencement (47 %)
  • une meilleure connexion logistique (41 %)

 

 

À retrouver dans une petite infographie, pour avoir un résumé plus global de la situation :