Librairie Camponovo : salariés impayés, irrespect des clients

Clément Solym - 06.10.2012

Edition - Librairies - Camponovo - librairie - Besançon


Depuis la mi-septembre, la librairie Camponovo a donc fermé ses portes ; des cartons douloureux à faire, puisqu'il ne s'agissait pas d'ouvrages renvoyés, mais de vider l'établissement. « Campo n'était pas en vente parce que ça allait mal, la décision de céder la librairie s'est faite avec précipitation et une envie soudaine que l'on a du mal à comprendre », nous expliquait-on.

 

 

 

 

Entre temps, la manifestation des Mots Doubs est passée, l'occasion, une fois de plus, pour les salariés, de se retrouver ; un festival suivi d'un concert de solidarité, organisé le 28 septembre, une marque de solidarité supplémentaire. « En effet, 60 % des salaires devraient être payés à la fin du mois, mais les nouvelles tardent à venir. Certains vont faire face à des difficultés, et aucune négociation n'a abouti jusqu'ici. »

 

Les nouvelles sont cependant tombées : les élues Sud du personnel sont en effet convoquées lundi matin, à 9h, au tribunal de commerce, à la suite du dépôt de bilan de Camponovo. Une information qui accentue l'inquiétude du syndicat et de l'ensemble du personnel, pour qui les emplois et le devenir de l'établissement sont évidemment menacés. 

 

Plus un seul livre dans la librairie

 

Florence Galiana, du Syndicat, indique à ActuaLitté que cette réunion sera l'occasion, vraisemblablement, pour M. Schaer, le propriétaire, de présenter son projet pour l'avenir de l'entreprise. « Sachant qu'il n'y a plus de livres dans l'établissement, un redressement est difficile à concevoir. M. Schaer ne donne aucune nouvelle, et du côté des pouvoirs publics, mairie ou conseil général, nous n'avons pas plus d'informations. Nous sommes vraiment inquiets de ce qui sortira de cet entretien. »

 

Quant aux commandes de livres, passées depuis un site internet toujours en ligne, Florence Galiana tombe des nues. En effet, à l'occasion de nos différents articles, des lecteurs ont fait état de commandes qui n'étaient pas honorées, sans savoir vers qui se tourner. « La direction nous avait assuré que ces transactions seraient annulées, et que le site ne permettrait plus de recueillir des commandes. On constate une fois de plus quel irrespect est témoigné à nos clients. Nous n'avons plus un seul livre dans la librairie, et nous n'y sommes retournés que pour récupérer des effets personnels. »

 

Une direction qui répond également aux abonnés absents, et avait imposé de ne surtout pas communiquer sur la situation de l'établissement. « Ces commandes passées par internet, c'est le même problème que pour les commandes passées pour la rentrée des classes. Nous avions tant bien que mal tenté de les honorer,  mais la direction ne nous a rien simplifié. Encore une fois, nous ne pouvons plus rien faire... Il faut dire aux clients de ne plus passer de commandes. »

 

Problème autour des salaires

 

Ce ne sera probablement plus nécessaire, après vérification, le site est désormais hors-ligne. Aucune information ne nous permet de dire comment les clients pourront être remboursés.

 

Dans le même temps, les salariés qui devaient percevoir leur salaire fin septembre n'a toujours pas été payé par Jean-Jacques Schaer, le PDG. Une tentative pour thésauriser sur la bête ? Dans tous les cas, les salaires sont dus et le PDG se met dans une position délicate en regard de la loi. Une requête au tribunal de commerce a été déposée, nous précise Florence Galiana, afin de résoudre cette question.

 

La librairie vidée, le lien entre les salariés se maintient cependant, avec une rencontre hebdomadaire, organisée pour rester unis, comme au travers des différentes manifestations qui ont eu lieu. Le rendez-vous de lundi marquera une nouvelle étape, importante pour tous. D'autant plus que tous les repreneurs intéressés, de près ou de loin, ont été refroidis au fur et à mesure.