Librairie détruite à Bordeaux : 'les infiltrés' continuent de faire du bruit !

Clément Solym - 03.05.2010

Edition - Société - jeunes - librairie - bordeaux


Il y a une semaine, l'émission les infiltrés : À l'extrême droite du père pointait du doigt les milieux intégristes et d’extrême droite bordelais. Les journalistes de l'émission ont donc infiltré un groupuscule organisé, le Dies Irae (jour de colère) de 150 personnes, dirigé par un ancien du front national, Fabrice Sorlin.

Durant le reportage, les propos des personnes enregistrées sous caméra cachée sont d'une extrême violence et le parquet relève que leurs agissements sont « susceptibles d’incriminations pénales ».
 
Crédits photo Sud Ouest

Cette semaine les journalistes de Capa, « infiltre » ont malgré eux posé le glaive de la justice sur la ville de Bordeaux. L'enquête qu'ils ont ouverte a lancé la polémique sur la ville girondine ! L'annonce de la diffusion de l'émission a d'ailleurs suscité une vive réaction de la part du groupuscule qui a menacé les journalistes. Ils envisagent d'ailleurs de porter plainte contre le journal Minute, qui a publié des informations concernant le reporter envoyé sur les lieux du tournage.

Une affaire qui a fait échos puisqu'ensuite Alain Jupé, le maire de Bordeaux en personne a décidé de poursuivre les activistes en justice. Dans ce sens, il a déclaré que les
« propos présentés aux téléspectateurs ont été absolument scandaleux » et que « les activités de groupuscules fondées sur des théories horrifiantes qui ont été décrites tombent manifestement sous le coup de la loi et nuisent gravement à l’image de notre ville .»
On imagine bien que les propos tenus par les différentes personnes en auront retourné plus d'un cette semaine !

Après une semaine, l'émission les infiltrés continue de remuer la ville de Bordeaux... Cette fois, pas de tribunal malheureusement. Ce dimanche 2 mai se sont deux jeunes d'une vingtaine d'années chacun qui a décidé de s'improviser une justice et de punir les activistes bordelais...
 
Crédits photo Sud Ouest

En réaction aux propos tenus dans le reportage diffusé sur France 2, les deux jeunes gens ont détruit à l'aide de pavés la vitrine d'une librairie spécialisée dans la vente d'ouvrages traditionalistes. Ils ont également tagué de croix gammées et des sigles SS la devanture de la maison de Thomas Rivière, le président de l'école hors contrat Saint-Projet, école ou l'on voit des enfants chanter des chants antisémites...

On comprend tout à fait que le reportage ait pu heurter la sensibilité de ces jeunes gens, mais n'est-ce pas un peu extrême de s'attaquer à une librairie ? Une librairie est un endroit sacré, il ne doit pas être vandalisé. Ce reportage est une bonne chose, car il a vraisemblablement permis de mettre à jour un groupuscule aux propos et agissements passibles de condamnations.

Mais la justice doit être rendue par la justice, sinon c'est la porte ouverte à toutes les déviances et l'on ne vaut pas mieux alors que ces personnes qui méprisent la démocratie et qui se réunissent comme des rats dans des caves sombres et humides !