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Librairie et livre : le gouvernement régresse, l'Île-de-France avance

Clément Solym - 16.12.2011

Edition - Librairies - librairie - amendements - région


On savait que seraient portés au vote du budget de la région Île-de-France deux amendements soutenus par Europe Écologie - Les Verts, concernant tout à la fois la lecture et les libraires. Adoptés ce matin, ces deux amendements s'intègrent dans un mouvement plus large de la Région, en faveur des créateurs. 

 

Le premier texte portait sur une aide de 250.000 € pour les librairies indépendantes. Un texte porté par Serge Guérin, président du MOTif et élu régional. « La question économique, évidemment, est importante, mais on parle aussi de tout un univers qui ne va pas bien. Depuis 2009, la Région IdF a perdu une centaine de librairies. Comment peut-on penser une démocratie qui fasse abstraction du livre et de la pensée ? »

 

Avec cette enveloppe, ce sont donc les libraires de la Région qui pourront profiter de ce fonds de soutien. Dans un prochain temps, un comité de pilotage sera mis en place, avec le MOTif et d'organisations professionnelles, dont le Syndicat de la librairie française. 

 

 

Il faudra en effet définir quels seront les critères d'attribution : privilégier les librairies qui sont en grande difficulté financière, et que la hausse de la TVA pourrait achever, ou se pencher sur les établissements labellisés LIR. Des questions qui seront réglées dès le premier trimestre de l'année prochaine. 

 

Deux poids, deux mesures

 

Vincent Monadé, directeur du MOTif, considère qu'avec l'adoption de cet amendement, la Région envoie un message fort. Tout d'abord, le budget de la Culture a été augmenté de près de 3 millions € (en fonctionnement), ensuite, explique-t-il, c'est une leçon à retenir.

 

« Nous sommes dans une situation politique de deux poids, deux mesures. D'un côté, le gouvernement qui passe la TVA sur le livre à 7 %, en augmentant donc de 1,5 % le prix que payeront les clients de librairies. Et en face, c'est la Région qui décide d'une action concrète pour aider les libraires, en votant 250.000  € d'aides pour ces derniers. »

 

« Il semble important que l'on puisse ne pas confondre une librairie avec un magasin qui vend des vêtements », ajoute Serge Guérin. « Le livre, c'est le doute, c'est cet instant dont parle le poète Omar Kahyyam, et qu'il faut préserver. » 

  

Renny Aupetit, du Comptoir des mots, librairie du XXe arrondissement, nous précise. « C'est un très bon signal que la région décide sans contrainte d'apporter une aide aux librairies qui en ont besoin. J'espère que l'assiette et les modalités permettront alors d'en aider le plus grand nombre, car ceux qui en auront besoin seront immanquablement les petites et moyennes librairies. »

 

Et en plus...


En outre, la Région vient également de décider d'allouer 550.000 € en aide à l'écriture de scénarios. Des auteurs qui comptent tout autant que les écrivains, et qui profiteront désormais de cet atout proposé par la Région. Notons enfin que dans le cadre de la formation professionnelle, et du Budget voté, est également comprise une formation des libraires à l'univers numérique. 

 

 

Formation des libraires au numérique


Après avoir mis en œuvre le droit à la formation pour les auteurs et les formations au numérique pour les petits éditeurs, le MOTif s'est attaqué à la mise en place en 2012 de formations pour les libraires franciliens avec l'OPCA Agefos PME et le SLF.

 

La nouveauté du dispositif francilien réside dans la prise en charge du salaire des libraires par l'organisme paritaire pour favoriser l'accès des employés aux formations. Cette formation est en effet destinée aux librairies de moins de 20 salariés en privilégiant les moins de 10 et portera sur : Le livre numérique et vente de livres sur Internet / Internet, blogs et réseaux sociaux/E-marketing : newsletter, partenariats et affiliations / Construire son projet numérique / communication. Début des formations : avril 2012.

Renouvellement de l'appel à projets pour l'accès au livre des personnes âgées de 100 000 €

 

Après une première année expérimentale le dispositif est reconduit pour offrir une plus grande possibilité d'innovation dans un meilleur délai d'organisation. Ce dispositif novateur permet de toucher un public le plus souvent exclu des politiques culturelles publiques.