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Librairie : “Hors de question de retourner sur nos lieux de travail”

Victor De Sepausy - 20.03.2020

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Le Syndicat des Libraires d’Île de France - CGT dégaine à son tour une communication, inquiété par les propos de Bruno Le Maire. La perspective de rouvrir les librairies, alors que l’on demande le confinement à chacun, « est inenvisageable », estime l’organisation syndicale. Et de déplorer l’inconscience des patrons qui s’en seraient réjouis.

Librairie L'impromptu - Paris
Librairie L'impromptu - Paris (ActuaLitté, CC BY SA 2.0, photo d'illustration)

 
Flâner en librairie, comme le notait le ministre de l’Économie, n’est pas à l’ordre du jour ; selon les propos de Bruno Le Maire, l’hypothèse pourrait être d’instaurer des règles comme pour les supermarchés : distanciation, limitation du nombre de clients, etc. Or, déplore l’organisation syndicale, le plaisir de la flânerie n’est « pas compatible avec les exigences sanitaires actuelles ».

Et d’interroger : « Envisagerait-on sérieusement de transformer les librairies en drive-in et les libraires en manutentionnaires-livreurs ? Ce sera sans nous ! » 

De fait, le livre en tant qu’objet en papier représente un danger significatif : le coronavirus a une durée de persistance de cinq jours sur du papier, relève France Info. Ouvrir une librairie reviendrait alors à recréer « les conditions de milliers de microcontacts et donc autant de possibilité de contaminations ». 

Mais le dilemme est cornélien : attendre des aides de l’État, qui ne permettront pas de préserver l’ensemble du maillage des établissements, ou rouvrir en occasionnant des risques de contamination, malgré des consignes strictes ? La conclusion pour le SLI-CGT est simple : « Les librairies doivent rester fermées. » 
 
• Réseaux des librairies Initales et Syndicat de la librairie française
“Nous avons hâte de ré-ouvrir nos librairies, pas à n’importe quel prix”

• Syndicat de la librairie francophone de Belgique
Coronavirus : “Les livres ne sont pas des produits indispensables”


Il en va de même pour les centres logistiques qui n’ont pas « une importance vitale ». Car si Amazon a aujourd’hui la possibilité de « grignotter des parts de marché parce qu’il a la possibilité légale de jouer avec la santé de ses salariés et de ses clients ». Selon les informations d’ActuaLitté, Amazon aurait cependant cessé ses réassorts : la plateforme n'est plus livrée par les fournisseurs, mais les commandes clients peuvent être honorées sur le stock. Ce n’est pas à travers ce prisme que le cybermarchand prendrait de l’ampleur. 

Le SLI-CGT exhorte toutefois les salariés de la firme à « utiliser leur droit de retrait », considérant qu’ils sont « aujourd’hui en danger ».

Si les propos du ministre sont appréciables en période de crise, l’attachement à la librairie fait toujours plaisir à entendre, continue le SLI-CGT. Mais il souligne avec amertume que « ce discours n’est pas habituel. Les librairies souffrent depuis longtemps de l’absence de volonté ou de courage des gouvernements successifs à affronter le pouvoir économique d’Amazon ». 

Charge donc aux pouvoirs publics de s’emparer désormais du sujet, et de la survie des librairies indépendantes. L’heure est cependant à la « lutte contre la propagation d’un virus potentiellement mortel ». Avec, et c’est probablement une première dans la vie de la CGT, cette injonction à écouter les consignes posées par Emmanuel Macron, émanant de scientifiques : « Pour sauver des vies, restez chez vous. » 

La conclusion est sans appel : « Il est hors de question que nous retournions sur nos lieux de travail. »  


Commentaires
Doit-on permettre une ouverture partielle des librairies ?



Je suis contre cette mesure (l'ouverture partielle des librairies). Pour plusieurs raisons. 1 - Tout le monde a des livres en retard, qui font une jolie pile sur la table de chevet, c'est l'occasion de rattraper ce retard. 2 - Pourquoi offrir un traitement particulier à ce commerce. Les petits cafés de village sont souvent en sursis économique, ils sont souvent le dernier lien social dans les villages. Pourtant malgré l'impact économique, ils restent fermés. Offrir une telle faveur dans un tel contexte aux librairies, c'est les montrer du doigt. Ce ne sera pas à leur honneur. Nous ne sommes pas sous l'occupation, où nombre de librairies étaient devenues clandestines pour défendre la liberté. 3 - La situation est délicate (pour employer un mot non stressant), chacun doit faire un effort, chacun doit comprendre qu'il doit faire son maximum à son échelle, pour stopper la diffusion de ce virus. Les libraires comme les autres commerçants. Ouvrir une librairie, laisser quelques clients rentrer, c'est participer à la diffusion de cette épidémie. 4 - Cela peut avoir un effet bénéfique pour le monde de l'édition, arrêter cette course effrénée à la nouveauté littéraire. Chaque mois, une pluie de nouveaux romans, dont une grande partie finira au pilon. Peut-être faudrait-il que ce secteur prenne conscience que ce gâchis (papier, énergie, transport, ...) n'est plus acceptable. Et dernière raison, la plus importante, JE SUIS LIBRAIRE, (petit libraire donc le confinement aura des répercussions importantes sur ma librairie La Demeure du Livre. et sur mon frigo), mais je ne veux pas avoir honte de mon métier parce lors de ce temps de "guerre sanitaire", je n'ai pas fait mon devoir de citoyen comme l'ont fait le fleuriste, le coiffeur, le disquaire, le chausseur, le parfumeur, ...
Bonjour. Je suis moi aussi libraire (salarié dans une librairie de taille moyenne) et contre la réouverture. Merci à Marc pour son riche commentaire. J’imagine que le ministre n’a pas eu cette idée dans son coin et que certaines personnes l’ont conseillé en ce sens quitte à faire passer en second plan les questions de santé publique...

Un communiqué intersyndical écrit par des libraires intitulé « Fermons Amazon et les grandes surfaces culturelles plutôt que de rouvrir les librairies ! » est disponible en ligne : https://solidaires.org/Fermons-AMAZON-et-les-grandes-surfaces-culturelles-plutot-que-de-rouvrir-les
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