Librairie : Le showrooming rend coupables les jeunes consommateurs

Nicolas Gary - 12.07.2013

Edition - Société - showrooming - librairies indépendantes - découverte de livres


Le showrooming, qui consiste à visiter une boutique physique, avant d'aller faire ses emplettes sur internet, est une habitude grandissante, qui inquiète tout particulièrement la Booksellers Association. Celle-ci a présenté une enquête, sur les comportements d'achats, Book Buying Survey June 2013. Elle a été réalisée dans le cadre de l'Independenant Booksellers Week, semaine dédiée à la librairie indépendante en Angleterre.

 

 

 

 

Entre mai et juin 2013, 2045 personnes ont été sollicitées pour cette étude, et 68 % d'entre elles assurent que « les librairies sont le meilleur endroit pour découvrir de nouveaux livres » et 66 % qu'ils préfèrent « consulter un livre avant de l'acheter ». Les habitudes d'achats des consommateurs ne sont d'ailleurs pas particulièrement meurtrières. 

 

« Plus de 80 % des répondants qui achètent des livres dans les librairies achètent également des ouvrages en ligne», souligne l'étude. 

 

Mais surtout, la tranche d'âge entre 16 et 24 ans, montre une forte préférence pour l'achat de livres imprimés en librairie, avec 65 % d'entre eux qui préfèrent la librairie. « Le goût des livres imprimés demeure, avec de nombreux répondants indiquant qu'ils trouvent important de toucher et sentir un livre avant de choisir de l'acheter. » 

 

Néanmoins, ce sont aussi ces jeunes qui sont les plus susceptibles de pratiquer le showrooming dans leurs achats de livres. Parce que justement, il est important de toucher et feuilleter le livre... avant de l'acheter moins cher en ligne. 

 

En parallèle, l'étude montre que les répondants les plus âgés se sentent assez peu coupables vis-à-vis du showrooming, avec plus de 60 % d'entre eux qui assurent ne ressentir aucune culpabilité. A contrario, les jeunes qui sont les plus enclins à showroomer se sentent particulièrement mal. En outre, chez eux, l'achat dans un ebookstore n'est pas particulièrement populaire, ni apprécié. 

 

« En conclusion, les librairies sont très appréciées par les acheteurs de livres, en tant que lieux agréables à explorer et à découvrir, pour trouver de nouveaux livres et cadeaux. Les librairies stimulent également l'attrait pour les magasins physiques, dont l'avenir préoccupe de nombreux acheteurs de livres. » (via Teleread)

 

 

 

{CARROUSEL}

 

 

Notons que chez les Britanniques, depuis que les affaires tournant autour de la fiscalité d'Amazon ont été dévoilées dans la presse, on assiste à une véritable prise de conscience. Alertés des pratiques fiscales des vendeurs en ligne, les consommateurs seraient, plus enclins à condamner, et 60 % sont disposés à retourner dans les boutiques, selon une étude dévoilée durant la Bookseller Week. Pourtant, 63 % d'entre eux continuent de pratiquer le showrooming, en se rendant dans les librairies avant d'acheter en ligne. L'enquête a été réalisée pour le compte de la Booksellers Association.

 

Un appel au secours a été lancé aux auteurs, pour que ces derniers s'investissent plus dans la vie des établissements. « Les librairies font preuve d'ingéniosité et de créativité pour parvenir à toucher leurs clients, mais sont obligées de se battre sans rien lâcher pour rester commercialement viables », constate Meryl Halls, de la Booksellers Association. En l'espace de 5 ans, entre 2007 et 2012, le nombre total de librairies est passé de 1424 à 1028 dans le pays.