Librairies Chapitre : l'inquiétude la plus totale

Cécile Mazin - 10.10.2013

Edition - Economie - librairies - réseau Chapitre - Actissia


Hier, une grève organisée au siège d'Actissia aura réuni plus d'une cinquantaine de personnes, alors que le groupe a annoncé que les 52 librairies restantes de son parc seraient mises en vente. Ce sont 1200 emplois qui sont alors menacés au travers de cette mesure.

 

 


 

 

« Cette décision plonge les 1.200 salariés dans l'inquiétude la plus totale. Nous sommes là aujourd'hui pour protester contre la liquidation des emplois dans la filière du livre et exiger d'autres solutions concernant les emplois menacés », expliquait hier Clément Devincre de la CGT, premier syndicat chez Chapitre, avec près de 50 %.

 

Et d'ajouter que « cette situation est la conséquence de la stratégie économique mise en oeuvre par l'ex-PDG d'Actissia Jörg Hagen et que son aveuglement a conduit l'entreprise au bord du dépôt de bilan ». 

 

La ministre de la Culture avait récemment déclaré qu'elle tenterait de trouver des solutions pour aider à la reprise des librairies mises en vente, notamment au travers du plan d'aide à la librairie indépendante. Michel Rességuier, président des librairies Chapitre avait en effet expliqué à ActuaLitté qu' « assurer la rentabilité des librairies du réseau ne peut passer que par une indépendance, que ce soit en termes de management, d'animation, vis-à-vis des pouvoirs publics, ou encore de l'accès aux aides de l'ADELC ». 

 

Et Aurélie Filippetti de sauter sur l'occasion, se montrant très attentive à la situation, et assurant qu'elle recevrait syndicats et direction pour parvenir à des solutions viables pour les librairies du réseau Chapitre. 

 

La CGT, au terme de la manifestation, déplore cependant se sentir un peu seule dans ce combat : « La direction ne donnant que des chiffres partiels et imprécis, malgré les questions insistantes des représentants du personnel, ces derniers unanimement ont voté la désignation d'un expert. Il a pour mission l'analyse des résultats du groupe pour 2013 et le budget prévisionnel pour 2014. »

 

Et alors que le silence s'est imposé, le comité de groupe a donc été suspendu par la même occasion. « L'ensemble de la délégation intersyndicale a décidé d'interpeller l'actionnaire unique Monsieur NAJAFI afin qu'il donne des garanties nécessaires pour relancer l'activité. La CGT a d'ores et déjà décidé que lors du prochain comité de groupe, elle appellera l'ensemble des salariés du groupe à se mobiliser », nous précise-t-on.