Librairies Chapitre : "L'investisseur ne décide pas de ce que l'on fera"

Nicolas Gary - 24.09.2013

Edition - Librairies - librairies Chapitres - Actissia - fonds d'investissement


Exclusif : La suspension du plan de sauvegarde de l'emploi qui concerne les librairies Chapitre fait, depuis quelques heures, couler beaucoup d'encre. Douze établissements devaient être fermés ou cédés sur les 57 que compte le groupe, et dans la foulée, 271 postes allaient être supprimés sur 1200. Michel Rességuier, actuel président des librairies Chapitre a accordé à ActuaLitté un entretien, revenant sur cette information... remise au goût du jour. 

 

 

 

 

 

Nommé en mai dernier par le PDG de Actissia, Jörg Hagen, Michel Rességuier explique la situation : « Nous avions décidé de suspendre le PSE début juillet, et un courrier a été envoyé à tout le personnel le 25 juillet, suite au Comité d'Entreprise du 9 juillet. En ce sens, il ne faut pas donner l'impression que la suspension a été décidée aujourd'hui même. »

 

En effet, à la prise de fonction de M. Rességuier, « dès le mois de mai, nous avons activement recherché des repreneurs, et très rapidement, nous avons trouvé des acteurs potentiellement intéressés », précise-t-il. La suspension du PSE est donc intervenue par la suite, devant les premières réactions positives.

 

« Nous souhaitons et cherchons à pérenniser l'entreprise. Aujourd'hui, la consultation sur la cession de librairies Chapitre est achevée sur quatre établissements, mais conclue pour un seul, celui de Rouen, Mont Saint Aignan. » Pour les autres, ayant trouvé un accord avec l'acheteur intéressé, on en est aux échanges de documents juridiques et notariaux. 

 

La CGT Chapitre, assurait cependant que, malgré la suspension du PSE, la société s'acheminait vers un dépôt de bilan. Les orientations de la direction ne tiendraient pas la route, estime le syndicat, et les ventes, en parallèle, seraient en diminution de 20 %.

 

Qu'en est-il du chiffre avancé par le syndicat ? « Je ne confirme pas ce chiffre. Mais tout le monde sait que cela ne va pas fort dans le monde de la librairie actuellement. Il nous faut réinventer un business modèle, et trouver une légitimité forte, qui nous distingue nettement d'Amazon. Notre métier de libraire ne saurait être simplement celui de pointer le livre qu'un client souhaite, dans telle ou telle étagère. Si c'est le cas, alors je comprends que le client se tourne vers internet, et à vrai dire, il aurait tort de ne pas le faire. La librairie est un lieu de vie, animé, où l'on peut faire des rencontres. C'est un endroit que nous devons rendre vivant. »

 

À ce titre, la mise en place d'animations, autant que la formation des libraires feront partie des priorités pour renouveler le métier. « Il est possible de maintenir une librairie à un niveau de rentabilité, mais cela implique de parvenir à redynamiser les lieux. C'est tout à fait possible, quand on met en place une animation des ventes », conclut M. Rességuier.

 

Enfin, l'investisseur Jahm Najafi, dont la venue à Paris a été finalement annulée du fait de la grève de ce 24 septembre, au siège, « nous laisse une grande latitude » pour ce qui concerne la gestion des établissements. « J'ai eu l'occasion de faire un point par téléphone avec lui aujourd'hui. En tant que fonds d'investissement, il attend un retour tout à fait légitime sur la société dans laquelle il a investi. Mais ce n'est pas l'actionnaire qui va décider ce que l'on va faire pour les librairies Chapitre. »