Librairies : embolie outre-Manche, embellie aux États-Unis

Antoine Oury - 30.05.2013

Edition - Librairies - librairies - high street - brick and mortar


La nouvelle fait grand bruit de l'autre côté des États-Unis : les librairies physiques, « bricks and mortar » selon l'expression locale, ont connu une hausse des visites en magasin pour les 3 premiers mois de 2013. À l'inverse, les boutiques de la high street britannique sont menacées, au minimum jusqu'en 2018, d'après les prévisions du Centre for Retail Research.

 


High Street Review

Une high street britannique typique... et rêvée ? (Department for Business, Innovation and Skills, CC BY-ND 2.0)

 

 

Les Américains de retour dans la rue

 

La société Placed Insights, basée à Seattle et spécialiste du comportement des consommateurs, publie les premières statistiques sur les visites en magasin, pour les 3 premiers mois de 2013. Ces dernières font apparaître, à la surprise générale, une hausse notable : les librairies ont ainsi enregistré 27 % de hausse en termes de fréquentation. 

 

L'enseigne Barnes & Noble profite particulièrement de ce regain d'attention, puisqu'elle est quasiment privée de concurrents directs. La chaîne gagne 8 places dans le classement des boutiques les plus visitées du pays, et se place directement 17e dans un classement qui n'est pas détaillé par Placed Insights, mais basé sur des données collectées auprès des 70 millions de boutiques du pays.

 

Le partenariat Kobo/librairies indépendantes, un modèle à exporter ?


La Book Expo America (BEA) a permis au vendeurs d'ebooks et d'appareils de lecture Kobo de tirer un bilan du partenariat qu'il propose aux librairies indépendantes, via l'American Booksellers Association et son programme IndieCommerce. Celui-ci concerne près de 500 boutiques, qui récupèrent 11 % sur le prix de ventes des ebooks, lorsque le consommateur passe par le site de la librairie pour acheter ses livres numériques.

 

Kobo annonce en grande pompe que le partenariat est désormais deux fois plus rémunérateur pour les librairies indépendantes que celui formé avec Google il y a quelques années. Un résultat encourageant, mais l'expérience avec la firme californienne n'avait pas cassé la baraque, à l'époque... Il n'était donc pas vraiment difficile de faire mieux. Toutefois, l'ABA table sur deux fois plus de membres partenaires d'ici la fin de l'année.

 

La stratégie pourrait s'avérer payante, dans la mesure où les clients ont un accès aux livres numériques dans leur librairie, ce qui les poussera à acheter les textes en numérique au même endroit que leurs ouvrages papier. Comme le soulignait Oren Teicher (responsable des partenariats de l'ABA) lors de l'EIBF de Bruxelles, « Nous ne faisons pas cela parce que nous sommes persuadés que nos membres doivent vendre en numérique, il s'agit simplement d'une attention portée au client. »

 

On suffoque dans la high street britannique

 

Outre-Manche, le Centre for Retail Research (CRR), qui mène les études du commerce physique, prévient l'ensemble de la classe politique : 20 % des boutiques pourraient fermer d'ici 2018, soit l'équivalent de 316.000 emplois menacés de disparition. 

 

Les loyers élevés en centre-ville figurent en première ligne des difficultés que rencontrent les commerçants : 10.000 £ (11.668 €) par mois, contre 650 £ (758 €) ou 1800 £ (2.100 €) mensuels en banlieue, dans des entrepôts. On comprend mieux le décalage entre certains acteurs et d'autres...

 

Et les solutions, pour le coup, ont fait long feu : 12 villes, qui avaient reçus 1,2 million £ en guise de fonds de soutien de la part du gouvernement, ont vu leur centre-ville poursuivre sa déliquescence, avec seulement deux villes dans lesquelles quelques magasins ont ouvert leurs portes. La stratégie  est donc loin d'avoir été payante...

 

Mise à jour 13:56 : 

 

« L'embellie » aux États-Unis reste toutefois à relativiser : la chaîne de librairies Books-A-Million communique ainsi des chiffres « largement en dessous [des] espérances » pour le premier trimestre 2013. Les ventes se sont arrêtées à 104,5 millions $, et une perte nette de 3,7 millions $.

 

Quant au libraire canadien Indigo, lui aussi en partenariat avec Kobo, ses bénéfices pour l'année fiscale 2013 atteignent les 893 millions $ (861 millions $), en baisse de 4,4 %. Si la situation n'est pas catastrophique, la chaîne souligne des ventes excessivement faibles en livres papier et numérique.




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