Librairies : François Busnel corrige le tir, le Dr Didier Raoult veut des tests

Nicolas Gary - 23.03.2020

Edition - Librairies - François Busnel - librairies ouverture coronavirus - tests Didier Raoult


Depuis le passage de Bruno Le Maire sur France Inter, le livre — et avec lui les librairies — a acquis un nouveau statut. Vendre ou ne pas vendre, la question était partiellement résolue, quand le gouvernement a indiqué que les librairies ne figuraient pas au registre des commerces indispensables. Il est pourtant un ouvrage qui ne ferait manifestement pas de mal – pas de chance, il est en numérique…


rottonara, CC 0
 

Même François Busnel s’est pris les pieds dans le plat de cette demande piège. Invité par Ali Rebeihi le 20 mars dans Grand bien vous fasse, le présentateur de La Grande Librairie tombe dans le panneau. 
 

Chaud, mais pas fatigué


Alors, favorable ou non, à la réouverture des établissements ? « J’ai répondu “à chaud” que j’y étais favorable, sous réserve que les libraires et les lecteurs soient protégés. Ma réponse partait, croyez-le, d’une bonne intention », indique le présentateur sur la page Facebook de son émission. 
 


Eh oui : l’élan radiophonique devait s’accompagner d’une mise à jour, voire d’une mise au point. « En aucun cas, je ne souhaite exposer les libraires ou celles et ceux qui souhaiteraient se procurer des livres ! Comme vous le savez, je suis, avant tout, solidaire des libraires dont je loue le travail et souligne la nécessité chaque semaine depuis maintenant 12 ans. » 

Instruit par des messages que cette réouverture n’était pas souhaitable, « pour des raisons sanitaires autant qu’économiques », François Busnel précise donc sa position : « Vous êtes sur le terrain, je sais le travail formidable que vous effectuez, vous connaissez mieux que moi ce métier : je vous donne donc totalement raison et me range à vos arguments. »
 

Vente en ligne : la flottaison ?


Tout le problème de cette ouverture tournait autour de la question de la vente en ligne : d’un côté des librairies contraintes de plier boutique, sur ordre du gouvernement. De l’autre, des vendeurs en ligne, encore approvisionnés voilà quelques jours, qui poursuivaient leur activité. Et l’ombre d’Amazon, jamais bien loin, qui plane – faisant redouter à chacun que la firme n’accapare encore un peu plus le marché.

Sauf qu’Amazon a — peut-être, la nuance s’impose véritablement ! – affirmé qu’elle donnait la priorité aux produits nécessaires, dans les prochaines commandes. ActuaLitté a vérifié le jour même de cette annonce, sans vraiment parvenir à trier le bon grain de l’ivraie. Et Amazon France, évidemment, n’a apporté aucune précision sur les produits qui deviendraient prioritaires. Il est donc faux de dire que les livres sont relégués au second plan.

Sauf à disposer des chiffres de commandes réalisées par le cybermarchand auprès des entrepôts de distributeurs…
 

Vrais dangers et fausses alertes


Reste qu’il est un petit livre, à sortir chez Michel Lafon, qui pourrait apporter l’éclairage nécessaire — indispensable ? – sur toute la situation. Il est signé par l’infectiologue Didier Raoult, auteur d’autres ouvrages chez cet éditeur : Epidémies. Vrais dangers et fausses alertes. Ce nom n’a rien d’étranger, actuellement : professeur, directeur de l’Institut hospitalo-universitaire Méditerranée Infection à Marseille, il est celui qui a porté les premiers tests cliniques à l’hydroxychloroquine.

Une molécule qui offrirait une solution pour le traitement et la prévention des coronavirus — et de celui qui occupe le monde entier plus particulièrement. « Si on dépiste et que l’on traite les gens précocement il y a forcément plus de chance de les sauver que 48 heures avant la phase terminale », indique-t-il d’ailleurs dans La Provence

Loin de se poser en messie, le scientifique cherche avant tout le prisme médical, pour analyser la maladie. « Je fais de la science, pas de la politique. Les maladies infectieuses, ce n’est pas très compliqué, c’est diagnostic et traitement. C’est le B-A ba, si les gens ne connaissent pas le B-A ba des maladies infectieuses ou de la chloroquine qui s’apprend en troisième année de médecine, je n’y peux rien. Je vais pas refaire l’éducation de ceux qui refont le monde sur les plateaux télé. »

Cette même Provence en propose des bonnes feuilles, puisant çà et là des éléments du livre qui renseignent un peu mieux sur l’étendue du problème.

Lui qui depuis le début prône une généralisation des tests dans la lutte contre le COVID-19 — alors que l’Agence nationale de la Santé soulignait qu’en phase épidémique, le test systématique n’est plus un principe premier. Tester, plutôt que confiner, méthode moyenâgeuse au possible — et à respecter cependant, tant que l’État n’aura pas de meilleure solution. 
 


« Incontestablement, oui, il est nécessaire de généraliser les tests afin d’avoir une meilleure image de l’importance des sujets concernés, une meilleure vision du nombre de porteurs du virus. Ce sera d’autant plus essentiel au moment de l’arrêt du confinement, afin de repérer les gens qui sont infectés », soulignait d’ailleurs François Bricaire, infectiologue et ancien chef du service Maladies infectieuses à la Pitié-Salpêtrière à 20 Minutes.

« La France n’en est qu’à 5 000 tests par jour quand l’Allemagne en effectue 160 000 par semaine ! Il y a une espèce de discordance. Dans les maladies infectieuses, on effectue le diagnostic des gens, et une fois qu’on a obtenu le résultat, on les traite », reprenait dans Le Parisien le directeur de l’IHU. 

Un ouvrage à ne pas manquer...


Commentaires
concernant Didier Raoult, j'invite les lecteurs et lectrices à utiliser un moteur de recherche concernant plusieurs articles parus en 2017 et 2018 concernant ses pratiques très problématiques et concernant son service situé au sein de l'hôpital de la Timone à Marseille. Vous pouvez aussi regarder sur MArsActu : https://marsactu.fr/?s=didier+raoult
L'article ne parle pas de ses pratiques, mais de l'histoire d'un couple qui a mal tourné. Difficile de faire porter le chapeau à ce chercheur. Ou alors Macron est responsable de tous les divorces en France.

C'est marrant cette manie de vouloir dézinguer cet homme en France. En général, c'est signe qu'on veut le faire taire : dans l'histoire récente, on remarque que certains magouilleurs n'aiment pas être mis en défaut et sont prêts à tout pour faire taire ceux qui les dénoncent.

Ce professeur met le doigt où ça fait mal : on gère mal la crise en France, on ne s'appuie pas sur l'expérience des autres et on dénonce ceux qui essaient de faire avancer les choses (sans compter la scandaleuse affaire des fake news des soi-disant décodeur du Monde... Le summum !)

Bref, rien de nouveau en France : le fric dirige tout et qui est derrière tout ça : assurément les labos pharmaceutiques qui ont beaucoup à perdre de la découverte de ce professeur.
Concernant Raoult encore, il est infiniment meilleur médecin/infectiologue que moi (qui ne le suis pas du tout), mais n'oublions pas qu'il a commencé par longtemps minimiser les risques posés par ce coronavirus. Voir par exemple et plus généralement https://curiologie.fr/2020/03/chloroquine/ , qui me semble un résumé sérieux des réserves qu'il conviendrait d'avoir sur les déclarations très médiatiques de l'homme quant à la chloroquine qui nous sauverait tous.
C'est tout simple:généraliser les tests et soigner ceux qui sont atteints. C'est à-dire faire le travail des soignants. Là où cela se complique c'est que l'hydroxychloroquine existe déjà et n'est pas cher. À l'heure où tous les labos espèrent faire de l'or avec une savante nouveauté. C'est comme souventle profit qui empêche de nous soigner. Nous pourrions sauver des VIES mais l'on préfère donner la santé à la FINANCE.
C'est bien, Agnès, je vous admire, vous et Bizarre. Vous détenez la vérité. Les personnes compétentes sont divisées sur la question (voir par exemple https://www.lemonde.fr/sciences/article/2020/03/24/coronavirus-les-experts-face-a-la-fievre-de-la-chloroquine_6034180_1650684.html ), mais on ne vous la fait pas, à vous. C'est forcément un complot des labos pharmaceutiques soutenus par le gouvernement et une partie de la communauté médicale, le Dr Raoult est incontestablement le père Noël (euh, pardon : un homme providentiel), la chloroquine indubitablement le médicament miracle pas-besoin-de-le-tester-davantage-par-exemple-si-le-remède-ne-va-pas-être-pire-que-le-mal.
La chloroquine a sauvé des millions de vie en soignant le palu, et ce, sans médication particulière.

Vous avez l'air d'avoir une dent contre ce professeur... Ça n'augure pas d'un jugement serein.
"Vous avez l'air d'avoir une dent contre ce professeur... Ça n'augure pas d'un jugement serein" Voilà un argument de poids, tellement bien étayer, une démonstration imparable. Je constate que vous avez creusé le sujet jusqu'à la substantifique moelle. Tluoar doit être terrassé. Merci pour cet éclat de rire.
Pour moi, ce qui pose question, ce ne sont pas ses capacités en tant que médecin. C'est la sortie de ce livre, très opportune, en pleine crise.

Certains parlent ici de "fric", je me pose la question de savoir si ce monsieur a vraiment une déontologie très poussée. De plus, quand a-t-il eu le temps, vu les évènements, d'écrire cela, sans gaire appel à un "nègre"?
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Epidémies : vrais dangers et fausses alertes

de Didier Raoult

De la grippe aviaire au Covid-19Anthrax, chikungunya, Ebola, grippes aviaires, H1N1, Zika, SARS-coronavirus, MERS- coronavirus... Pour toutes ces épidémies, on a prédit des millions de morts : il n'en a rien été.Qu'en sera-t-il du coronavirus chinois qui provoque une panique mondiale ? Cet affolement provient en grande partie des exagérations de la presse, qui sait que la peur " fait vendre ". Mais que nos gestionnaires – les politiques – surfent à leur tour sur le pire peut être lourd de conséquences. Nous avons affaire à des événements que la science elle-même peine à expliquer, telles la transmission accélérée des épidémies à leur début, leur variation saisonnière et... leur disparition spontanée sans raison apparente. Dans ces conditions, brandir chaque jour le nombre de nouveaux cas et de morts comme un épouvantail ne sert qu'à provoquer des réactions disproportionnées par rapport aux risques réels qui, eux, ne peuvent qu'être négligés dans le même temps.

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