Librairies : 'Le problème du Luxembourg ne devrait pas exister.'

Clément Solym - 19.12.2011

Edition - Justice - fiscalité - Luxembourg - librairie


Le Luxembourg a dernièrement décidé d'harmoniser la TVA sur le livre numérique, sur son territoire, avec celle du livre papier. Un passage de 15 % à 3 % qui va poser quelques problèmes aux sociétés françaises commercialisant des livres numériques, pour qui le taux de TVA, certes réduit à compter du 1er janvier 2012, restera tout de même à 7 %...

 

Et la première attaque vient du directeur de la chaîne de librairies Waterstone's, James Daunt. Alors que la guerre des prix a débuté sur le marché britannique, pour le livre papier, et que les remises pleuvent abondamment, la décision récente du Luxembourg est un véritable problème. 

 

« Le problème du Luxembourg ne devrait pas exister », explique-t-il en référence à la domiciliation de la société Amazon, qui a choisi le pays comme siège social pour l'Europe, justement en raison des avantages fiscaux. Fnac avait fait valoir les enjeux de ces avantages pour le cybermarchand, créant ce qui ressemble fort à une distorsion de concurrence. 

 

Acius et Galatea, un symbole ?

 

L'UE elle-même avouait qu'« il subsiste des incohérences dans les taux de TVA appliqués à des biens ou services comparables ». Et pour preuve, elle prenait le cas de certains ­États membres, « appliquant un taux réduit à certains biens culturels, mais devant appliquer le taux normal aux services en ligne concurrents de ces biens, comme les livres ou les journaux électroniques ». (voir notre actualitté)

 

« Je trouve étrange que le gouvernement [NdR : britannique] taxe plus fortement le commerce des boutiques de rue quand notre principal concurrent, qui est évidemment internet, n'est pas taxé du tout et, dans les faits, met en place une politique tarifaire agressive. »

 

L'autre grand enjeu, pour les librairies de rue, c'est également cette transition, dans laquelle elles ne servent plus que de show-room pour les clients. Ces derniers se rendent dans les boutiques, font leur choix et finalement, vont sur le net pour réaliser leurs achats. Une perte de clientèle lourde pour les commerces, évidemment. 

 

Un comportement qui s'observe, ou peut s'observer, dans tous les secteurs du commerce. « Cela arrive dans doute dans le livre. Alors comment voulez-vous obtenir la fidélisation et la confiance et le respect de vos clients, pour qu'ils n'abusent pas de cela ? Je pense que c'est probablement ce que nous n'avons pas pour le moment. »

 

Amazon, que James Daunt avait qualifié de « diable impitoyable qui fait de l'argent », estime cependant que le comportement des consommateurs est en partie légitime. En fait, dans le choix de livres moins chers, il ne souhaite pas que l'on s'apitoie sur son sort. « Tant que je propose quelque chose que les gens aiment, je vais bien. »