Libranda, la plateforme espagnole pour ebook : mort-né ou fiasco ?

Clément Solym - 11.10.2010

Edition - Société - libranda - espagne - ebooks


Les temps sont durs, les livres numériques se multiplient, mais manifestement de l'autre côté des Pyrénées, la presse se déchaîne contre la plateforme Libranda, et les intentions des sociétés qui la poussent...

Ce ne sera pas tombé dans l'oreille d'un sourd : les journalistes espagnols seraient pires que ceux de la rédaction ! Il paraîtrait même que lorsque Libranda est arrivée, ils ont tiré à boulets rouges contre la plateforme dédiée à la vente de livres numériques... Avec quelques recherches, ce ne sont pas simplement des boulets rouges, mais plutôt des missiles atomiques...


Libranda, pour mémoire, représente un consortium de sociétés : Planeta, qui en détient 30 %, Random House Mondadori, Santillana, Wolters Kluwer, SM, Grup62, Roca Editorial, Anagram, Ediciones Ediciones Maeva et Siruela. Avec elles, huit boutiques en ligne qui proposent leur catalogue. Il y avait 1130 ebooks en juillet, au lancement, il y en a 8000 de prévus en fin d'année.

Poussez pas mémé dans les e-orties


Mais voilà : faut pas prendre le consommateur espagnol pour une paëlla faisandée. En matière de pouvoir d'achat, on ne la lui fait pas et 20 voire 30 % de réduction sur le prix d'un livre numérique, ça fait rugir dans les canards du pays. Depuis le lancement, Publico.es a donné le ton : trop chers, clairement.

Mais la suite est d'autant plus hilarante, que commune aux éditeurs du Vieux Continent. On trouve en effet des fichiers truffés de DRM, même si cela ne sert absolument à rien, au moins l'éditeur est rassuré. Quand on lui dit que de la sorte, on combat le piratage, lui qui n'en a qu'une vision parcellaire, souvent inhérente à celle de la musique, il est rassuré.

eMarasme

L'autre écueil, c'est l'achat de livres numériques. Ici, on semble replonger dans le marasme où barbote l'application Eden Livres pour iPad... Libranda, de la même manière, ne vend pas directement de livres numériques : on doit se connecter pour acheter dans l'une des huit boutiques présentes. Une complexité lourde, épuisante, qui fait même dire que Libranda est un fiasco, tout simplement. (source)

Pour certains, si l'objectif était que le livre numérique ne décolle pas en Espagne, on est dans la parfaite perspective. Si lo'n enlevait le prix, les verrous numériques, l'achat d'une terrible lourdeur, il resterait encore le catalogue dérisoire. Non seulement le portail arrive avec des années de retard (coucou, on nous prépare la même chose en France avec un truc nommé 1001 libraires...), mais en plus l'utilisation de Libranda fait conclure à une seule chose : il est plus facile de pirater que de télécharger légalement.

Un produit mort-né n'hésite pas à commenter un blogueur... (source)