Libre de marcher dans les rues de Moscou, sans se faire arrêter ?

Clément Solym - 15.05.2012

Edition - International - Moscou - Russie - manifestation


Ce dimanche 13 mai, ils furent une dizaine de milliers de lecteurs et d'auteurs, répondant tous à l'invitation que Boris Akounine avait lancée : envahissez les rues de Moscou, montrez que vous êtes libres d'aller et venir. Le célèbre romancier invitait à un pèlerinage du monument Pouchkine à celui de Griboïedov. Une simple marche ?

 

« Le but de cette expérience », commence Akounine, était de savoir. Juste savoir si « les Moscovites peuvent-ils se promener librement dans les rues de leur propre ville ou ont-ils besoin d'un permis spécial » ?

 

C'est que depuis le 7 mai, Vladimir Poutine est officiellement investi du titre de président de la Russie, et les craintes de voir le pays sombrer dans une tourmente dictatoriale à peine voilée sont grandes. Avec 64 % des voix en sa faveur pour l'élection présidentielle, et malgré les protestations de l'opposition qui dénonce une fraude, impossible de ne pas se sentir menacé dans l'exercice de sa liberté. (voir notre actualitté)

 

 

 

Mais les passants, lecteurs ou écrivains, ont pu vaquer à leurs occupations sans peine, durant cette journée de détente dans les rues de la ville, et ils furent plus de 10.000, semble-t-il, à s'y adonner. La police, pour sa part, n'en a dénombré que 2000, mais difficile de le croire, à la vue des photos prises. 

 

Durant leur marche, la consigne était cependant claire : pas de signe distinctif ni revendicatif, pas de slogans, ni d'affiches dénonçant quoi que ce soit. Une simple marche pacifique, pour ne pas être accusé d'une quelconque manifestation politiquement motivée. 

 

Les marcheurs ont strictement observé ces règles, privant la police de toute possibilité d'intervention. L'occasion de rencontres insolites, de dédicaces sur un coin de terrasse… sans aucune arrestation. 

 

On peut donc souffler un peu.

 

Un peu..