Libreka! et Numilog développent leurs catalogues d'ebooks

Clément Solym - 08.10.2012

Edition - International - France - Allemagne - MVB


Selon un communiqué de presse, le diffuseur de livres numériques français, Numilog, s'associe en Allemagne avec la plateforme de distribution de MVB (Marketing und Verlagsservice des Buchhandels GmbH's). Dans le cadre de leurs activités de distribution numérique, les associés pourront échanger leurs catalogues respectifs et accroître considérablement les offres de leurs points de vente partenaire.

 

 

 

 

Voilà maintenant quelques mois que la société Numilog a retrouvé son indépendance, revendue par le groupe Hachette Livre à son propriétaire originel, Denis Zwirn. « L'ADN multiservice de Numilog, qui gère tout à la fois le rôle de distributeur, de vendeur direct auprès des consommateurs, mais également d'entrepôt numérique, ne répondait plus aujourd'hui à ce projet initial de Hachette Livre », expliquait alors Hachette, à l'occasion de cette cession. 

 

Et pendant ce temps, outre-Rhin

 

Tandis que les Allemands commencent à prendre au sérieux le marché numérique (voir notre actualitté), la plateforme Libreka! fournit un accès centralisé à l'offre d'ebooks et livres audio des éditeurs allemands. Mise en place par le Börsenverein (Fédération allemande des éditeurs, distributeurs et revendeurs), elle dispose d'un catalogue de plus de 500.000 titres.

 

Numilog est le principal e-distributeur et e-diffuseur de livres numériques en France et un partenaire particulièrement important pour la librairie indépendante. Il permet à un large réseau de points de vente d'avoir accès à un catalogue d'environ 100.000 titres. Il fournit également une gamme de solutions de vente en marque blanche, le prêt numérique pour les bibliothèques, ainsi que des applications d'achat et de lecture mobiles.

 

L'accord concerne 80.000 ebooks du catalogue de Numilog. Ils proviennent d'éditeurs des maisons du groupe Hachette Livre (Grasset, Fayard, JC Lattès, Dunod, ...), mais également des Éditions Harlequin, Albin Michel, Lextenso, l'Harmattan, et comprennent d'autres livres en anglais ou en espagnol. Du côté des éditeurs allemands, ce sont 100.000 titres distribués via Libreka! qui bénéficieront désormais du réseau de revendeurs de Numilog.

 

Ronald Schild, Directeur général de MVB, a déclaré :« C'est justement la proximité avec les acteurs indépendants, un de nos principaux points communs, qui a constitué un argument décisif en faveur de cette collaboration. La possibilité de proposer dans les deux pays un choix de livres numériques plus grand et, surtout, plus diversifié, va non seulement profiter à nos points de vente, mais aussi aux consommateurs. »

 

Denis Zwirn, P.D.G. de Numilog, a ajouté : « La coopération avec libreka! est une étape importante pour proposer aux lecteurs européens l'accès le plus large aux livres numériques européens. De plus, c'est une démarche qui permettra aux librairies indépendantes de commercialiser le même catalogue global que les acteurs mondiaux. »

 

Prix unique, d'un côté comme de l'autre du Rhin

 

Allemagne et France ne sont pas sur un pied d'égalité pour ce qui est de l'offre numérique, et moins encore dans le domaine des lecteurs ebook - nos voisins disposent d'un parc bien plus développé, avec une forte croissance, contrairement à ce que l'Hexagone peut connaître. 

 

Cependant, les deux pays sont unis par une législation sur le prix unique du livre numérique, qui permettra de ne pas faire jouer de concurrence déloyale, comme ce serait immanquablement le cas, avec un pays ne disposant pas de cette législation. Nous avions évoqué ce point, particulièrement délicat, pour montrer l'existence prochaine, voire déjà présente, d'un piratage commercial, induit justement par la législation sur le prix unique.  

En somme, Amazon UK peut vendre des ebooks français aux Britanniques, mais interdit de les vendre en France. Logiquement. D'ailleurs, une certaine perspective de développement tendrait à laisser croire qu'Amazon ne mettrait pas en concurrence ses propres filiales en autorisant cette pratique.

Qu'en découlera-t-il ? Quelque chose que l'on pourrait qualifier de ‘piratage commercial', qui serait tout simplement une pratique de contournement des clauses contractuelles de territorialité, pour aller chercher des ouvrages à des prix bien plus attractifs. Cette question est essentielle et perturbe évidemment le bon déroulement des opérations dans les maisons d'édition. Sollicités sur ce point, les éditeurs reconnaissent qu'il existe une réelle problématique. (voir notre actualitté)

 

L'avenir est peuple d'incertitudes...