Librotrafricante : bibliothèque clandestine débarquée à Tucson

Clément Solym - 22.03.2012

Edition - Bibliothèques - Librotraficante - Tucson - Tony Diaz


Le cortège de voitures du mouvement Librotraficante, qui proteste contre la censure de plusieurs ouvrages d'auteurs d'origine latino-américaine censurés par le district scolaire de Tucson, a atteint sa destination finale, le coeur du problème : Tucson pour une confrontation directe avec les autorités.

 

« Nous voulons remettre ces lettres d'amour sous forme de livres aux étudiants », a affirmé Tony Diaz, professeur de littérature du Houston Community College et initiateur du mouvement, « nous défendons la culture et la liberté d'expression ».

 

Lancée à la mi-mars, la bibliothèque clandestine a déjà parcouru une bonne partie du sud-ouest des États-Unis, en passant entre autres par San Antonio et Albuquerque. Elle réunit tous les ouvrages du Mexican-American Studies (MAS) que le Tuscon Unified School District (TUSD) avait banni en janvier dernier, les accusant de promouvoir la haine raciale et de représenter un danger pour le gouvernement des États-Unis. 

 

Et depuis le début du périple, les rangs du mouvement se sont gonflés de militants, d'écrivains et de citoyens pour défendre la cause, de mêmes que les rayons de la bibliothèque, approvisionnés en livres de donateurs engagés et compatissants. « Le mot librotraficante ne devrait pas exister aux États-Unis » a affirmé Diaz, « on ne devrait pas y faire de la contrebande de livres ». 

 

 

 

Selon le LA Times, le district de Tucson a agi sous la contrainte du recteur d'Arizona, qui aurait appliqué cette mesure en s'appuyant sur une loi de l'État controversée, permettant d'interdire les enseignements réservés à un groupe ethnique particulier, qui promeut «  le ressentiment envers une race ou un groupe de personne » ou « le renversement du gouvernement des États-Unis ».

 

Le district avait fait appel, mais il fut rejeté. Le seul moyen de ne pas faire appliquer la loi dans ce cas présent est de s'en remettre à la cour fédérale, et si deux étudiants portent plainte.

 

Le plus grand espoir des participants à ce mouvement réside dans l'élection pour renouveler trois membres du conseil du district scolaire de Tucson en novembre prochain. « Ils savent que nous n'allons pas renverser le gouvernement par la violence. Nous allons réformer le gouvernement en votant pour que certains quittent leur fonction », a conclu Tony Diaz, confiant.