Libye : Gilles Kepel et Bernard Rougier décodent la situation

Clément Solym - 21.03.2011

Edition - Société - kepel - rougier - libye


Face à la complexité de ce qui se produit actuellement sur le pourtour méditerranéen jusqu’au Moyen-Orient, il faut se refuser à toute simplification. Rien ne doit être analysé avec un regard occidental.


Directeur de la collection « Proche-Orient » aux PUF et politologue, Gilles Kepel est venu au Salon du livre, aux côtés de Bernard Rougier, enseignant à Sciences Po aborder la question des révolutions qui secouent actuellement tout un pan du monde arabe. Rédacteur en chef du service étranger de Libération, Marc Semo s'est chargé de réguler un échange vivant et interactif.

Avec la peur du terrorisme en arrière-fond, l’Occident a finalement décidé de frapper les installations militaires libyennes qui donnent leur soutien à Kadhafi. Mais il faut encore arriver à faire la part entre extrémisme et élan de libération dans ce qui fait actuellement bouger tous ces pays arabes. Et tous ceux qui ont peur de ces mouvements les mettent rapidement sur le compte d’Al-Qaida ou de toute autre organisation terroriste.

En 1990, une importante révolte avait eu lieu en Libye, poussée par des islamistes extrémistes. Elle avait été rapidement matée par Kadhafi. Le mouvement actuel est tout à fait différent. Mais il souffre d’une désorganisation interne importante qui empêche la révolte de dépasser le stade révolutionnaire.

La structure de l’état libyen a été totalement détruite par Kadhafi au profit d’une organisation tribale en complète opposition à tout type de démocratie participative. La disparition de ce système laisserait donc place à un grand vide, avec le risque de l’émergence d’une véritable guerre civile entre les différentes tribus présentes dans le pays.

Dès la fin des années 90, loin des caricatures souvent véhiculées en Occident, les mouvements islamistes se divisaient entre organisations radicales, prônant le terrorisme et entités modérées souhaitant l’arrivée d’une plus grande participation politique pour le peuple. Les révolutions actuelles sont bien davantage l’œuvre des secondes, davantage liées aux jeunes générations.

L’Egypte devrait rapidement rebondir car le pays repose sur une organisation administrative très forte, de même que la Tunisie, élément qui fait précisément défaut à la Libye.




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