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Licenciement abusif, grèves en Italie, à New York : Amazon se fissure

Clément Solym - 31.03.2020

Edition - Economie - Amazon grève licenciement - grèves salariés coronavirus - vente livraison internet


La Bérézina ressemblera bientôt à une ballade de santé : depuis 24 heures, des salariés d’Amazon, un peu partout dans le monde, se sont mis en grève. Au cœur de ce débrayage, la peur de la contamination le manque de mesures de sécurité, et ce, alors que la firme se veut rassurante. Mais les principaux concernés n’ont pas dû recevoir les communiqués de presse.


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En Italie, la grève a débuté voilà 24 heures, ce 30 mars, explique l’agence Reuters : un tiers des salariés — soit 300 personnes — qui travaillent à Calenzano près de Florence, ont choisi de cesser le travail. Un représentant officiel assure pourtant que l’entrepôt n’était pas affecté, et qu’il avait déjà réduit le volume de livraisons et renforcé les mesures pour protéger les employés ainsi que les coursiers. 

Sauf que les chiffres dans le Bel Paese n’invitent pas à l’optimisme : depuis le 22 mars, le gouvernement a ordonné la fermeture des entreprises qui ne sont pas essentielles, jusqu’au 3 avril au moins. Tout en indiquant que les secteurs stratégiques devaient continuer de bosser. 

La livraison, elle, est considérée comme essentielle. « Plusieurs employés sur le site utilisent le même masque durant plusieurs jours, au lieu d’en avoir de nouveaux quotidiennement », indique un représentant syndical. Et d’ajouter que les représentants d’Amazon ne s’étaient pas rendus à la réunion des autorités à Florence pour échanger autour de l’urgence sanitaire.
 

Des entrepôts qui se vident...


Mais la pression ne vient pas que du Vieux Continent : les sénateurs américains viennent d’adresser un courrier à Jeff Bezos, pour exprimer leurs préoccupations. « Nous nous efforçons de garder les bâtiments extrêmement propres et d’aider les employés à prendre des précautions importantes comme la distanciation et d’autres mesures », riposte un porte-parole. 

De même, ceux qui ne souhaiteraient plus travailler peuvent opter pour des congés payés ou non payés… 

D’ailleurs, le grand patron n’est pas insensible : il a diffusé un courrier à ses salariés, pour les remercier de leur présence. Avec une fortune estimée à 115,6 milliards $, une pareille attention devient touchante. 
 
Pour autant, les interrogations des sénateurs persistent, sur la sécurité des employés. Avec pour réponse, de leur part, des projets de grèves qui se multiplient : dans l’État de New York, le coronavirus devient un motif de débrayage immédiat. Christian Smalls, devenu porte-parole des salariés explique : « Le plan est de cesser toutes les opérations tant que le bâtiment n’a pas été fermé et désinfecté. Nous ne demandons pas grand-chose », assure-t-il.

Entre 50 et 200 personnes pourraient suivre le mouvement — alors que les États-Unis ont enregistré au moment de la rédaction de cet article plus de 142.000 cas. 
 

Licenciement abusif ?


Smalls aura rapidement été cloué au pilori : cet ancien directeur adjoint du centre de distribution de Staten Island a été licencié, passé par pertes et profits. Amazon a confirmé son départ, en précisant toutefois qu’il avait violé les règles de sécurité — à plusieurs reprises, avec différents avertissements pour le mettre en garde. 

De fait, Smalls avait été en contact avec un collègue contaminé — et pour s’être rendu ce 30 mars sur le lieu de la grève, la firme estime qu’il a mis les équipes en danger. « Je vais continuer de me battre pour les personnes à l’intérieur du bâtiment », rétorque-t-il, balayant les justifications d’Amazon comme « ridicules ». 

Même la procureure générale de New York, Letitia James, a diffusé une déclaration pour condamner le licenciement de Smalls, « qui s’est courageusement dressé pour se mettre, lui et ses collègues, à l’abri ». Une manifestation audacieuse de solidarité au cœur de la pandémie qui pourrait coûter cher à Amazon.

« À New York, le droit syndical est codifié et toute mesure de représailles de la part de la direction y est strictement interdite », reprend la procureure. Qui demande évidemment qu’on diligente une enquête afin d’envisager toutes les options juridiques possibles. 



via Inc, BBC, Wpxi


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