Licenciements à la Bibliothèque nationale : la culture littéraire argentine menacée

Cécile Mazin - 14.04.2016

Edition - Bibliothèques - bibliothèque nationale - culture littéraire - Alberto Manguel


Felix Villeneuve, responsable du Comité de Défense des Écrivains Persécutés, et Gaston Bellemare, vice-président du PEN Québec, ont apporté la voix de leurs organisations en soutien. Alors que la Bibliothèque nationale d’Argentine se trouve dans une situation particulièrement délicate, la mobilisation se poursuit, un peu partout dans le monde. Pas question de laisser un tel établissement dépérir. Voici le message qu'ils ont communiqué à la rédaction de ActuaLitté.

 

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Dan DeLuca, CC BY 2.0

 

 

Le Centre québécois du P.E.N. International est indigné d’apprendre le licenciement de 240 employés de la Biblioteca Nacional de Buenos Aires. Ces événements s’inscrivent dans la foulée des mises à pied massives dont est victime le secteur public argentin depuis l’élection du président Mauricio Macri.

 

Selon l’ex-directrice du Musée des Livres et des Langues de la Biblioteca Nacional, María Pia López, cette perte de personnel « affectera les opérations [de la bibliothèque] et, dans certains cas, les rendra impossibles. »

 

Parmi les employés licenciés se trouvent des chercheurs chevronnés, des experts en numérisation et en microfilms, des docteurs en philosophie, en arts et en histoire.

 

Le Centre québécois du P.E.N. International dénonce par ailleurs le silence de la directrice actuelle de la Biblioteca National, Elsa Barber, ainsi que celui de l’écrivain et futur directeur, Alberto Manguel.

 

Une bibliothèque jouissant d’un si riche héritage, après avoir été dirigée par nul autre que Jorge Luis Borges de 1955 à 1973, et de la passion d’autant d’acteurs du milieu culturel argentin ne devrait pas avoir à subir de telles mises à pied qui viennent mettre en péril les activités de promotion de la culture littéraire argentine et, de fait, asséner un dur coup à la liberté d’expression dans le pays.

 

 

 

 

Un collectif de 400 intellectuels a déjà dénoncé la vague de licenciements qui frappe actuellement la Biblioteca Nacional de Buenos Aires. « Nous autres signataires de la présente lettre, voudrions exprimer notre préoccupation face aux événements qui se sont produits à la Bibliothèque Nationale de la République argentine », lit-on dès le début de la pétition

 

Maria Pia Lopez, ancienne directrice du Musée du Livre et du Langage à la Bibliothèque nationale, expliquait : « Les renvois vont compliquer le fonctionnement des opérations et, dans certains cas, rendront même impossibles certaines taches. »

 

L’intervention du futur directeur, Alberto Manguel, est plus qu’attendue, alors qu’il doit prendre ses fonctions à compter du mois de juillet et remplacer ainsi Elsa Barber. Depuis les premières informations, dévoilées en mars, il a préféré garder le silence.