Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

Lille : une librairie victime d'actes de vandalisme à répétition

Clément Solym - 26.03.2012

Edition - Librairies - Bateau Livre - Gonzague Steekiste - Vandalisme


A Lille, une librairie spécialisée en littérature jeunesse est la cible d'actes de vandalisme à répétition depuis plusieurs années, et le week-end dernier, le saccage a été particulièrement violent. Une situation devenue insoutenable pour son propriétaire, qui songe à fermer sa boutique.


Alors qu'il se trouvait au Salon du livre de Paris lundi dernier, Gonzague Steekiste a appris la mauvaise nouvelle que sa librairie avait été vandalisée, une nouvelle fois, au cours du week-end. 

 

 

Des tags d'insultes, des dessins pornographiques, de la colle dans la serrure du volet électrique… Et les insultes, racistes et discriminatoires, étaient cinglantes. Sur la librairie, les passants pouvaient lire : « Connardo, chacal, autodafé littéraire = social, traître, NPA, Poutou 2012, pédé ». 

 

Ces actes semblent viser clairement la librairie, sans que Gonzague Steekiste ait la moindre idée de qui pourrait autant lui en vouloir. « Des gens éméchés ? En même temps, on ne se balade pas avec un tube de colle sans raison ! Mais franchement, je ne vois pas en quoi ces messages nous concernent ! » explique-t-il à La voix du nord.

 

Et ce n'est qu'un tourment de plus à ajouter à une suite longue d'événements de ce type.  En deux ans, la librairie a été cambriolée trois fois, et la découverte de tags malveillants sur la façade de la libraire est fréquente, le « L » de livre sur son enseigne a également été décroché pour faire « bateau ivre ».

 

Après avoir repris le commerce il y a 14 ans, Gonzague Steekiste est à bout de nerf et de patience. « Je suis prêt à jeter l'éponge et quitter Lille », affirme-t-il à Nord Eclair. « C'est minant ce travail de sape. Et en plus, ça nous coûte à chaque fois ».

 

Et la balance pourrait pencher pour un départ très prochain, alors que la librairie négocie actuellement son nouveau bail, vu que le loyer a augmenté d'un tiers.