Liquidation judiciaire prononcée pour Camponovo

Clément Solym - 06.11.2012

Edition - Librairies - Camponovo - Besançon - Liquidation


Lundi matin, le tribunal de commerce de Besançon a prononcé la liquidation judiciaire de la librairie Camponovo. Après 54 ans d'existence et une fermeture des portes le 31 août dernier, la célèbre enseigne indépendante semble être à la dernière page de son histoire. Les 39 salariés de la boutique seront licenciés, et n'ont pas le sentiment d'avoir obtenu justice.

 

 

Ce matin, l'ensemble des 39 salariés de celle qui était l'une des plus importantes librairies indépendantes de France, ainsi que leur patron Jean-Jacques Schaer, ont assisté au dénouement de l'affaire, longtemps redouté par le personnel.

 

Après un plan de redressement infructueux prononcé le mois dernier, et une apparente absence d'offre de reprise, c'est finalement la liquidation judiciaire qui s'est imposée. Les murs seront vendus, pour rembourser d'éventuelles dettes, les AGS et les salariés. Dans l'idéal il reste à espérer qu'une librairie souhaite prendre la relève, mais dans le cas contraire les locaux iraient au plus offrant.

 

Les employés de Camponovo sont venus avec leur avocat Jean-Luc Gantner, et ont invité leurs clients fidèles à les soutenir. Il seront licenciés dans les 15 jours à venir. Ils se sont concertés dans l'après-midi pour réfléchir à une dernière action collective afin de mettre leur propre point final à cette histoire. 

 

Tandi que le patron semble déplorer l'absence d'une offre de reprise, Sabrina Pecorini, déléguée du personnel, a répondu aux interrogations d'Actualitté concernant les salariés :

 

« Monsieur Schaer a joué la pauvre victime, mais ce n'est pas lui qui va se retrouver au chômage, avoir des soucis de retraite ou de fins de mois. Nous sommes contents de ne plus avoir affaire à lui. Nous pensons plutôt qu'il a tenté de jouer avec la loi française en demandant un plan de redressement, que le tribunal était obligé d'accepter, mais seulement pour gagner du temps. C'est un acteur de première, et il tente de faire croire que tout est de la faute des autres.

 

Nous tenons à rappeler que les salariés ne sont pas responsables, mais que monsieur Schaer en tant que décisionnaire est le seul responsable de ce gâchis. Les salariés défendent juste leurs emplois et une entreprise que nous savions viable, chiffres à l'appui. J'espère que la justice française fera quelque chose. »