Lire en Short sera suivi par une "évaluation qualitative et quantitative"

Antoine Oury - 23.06.2015

Edition - Société - CNL manifestation - Lire Short - Vincent Monadé


Le coup d'envoi de Lire en Short (17-31 juillet) se rapproche, et le président du Centre National du Livre, Vincent Monadé, était présent aux Rencontres nationales de la librairie, à Lille, pour présenter le grand événement estival aux libraires. L'occasion, également, de procéder à un brainstorming informel, afin de proposer de nouvelles perspectives pour cette fête destinée à célébrer la lecture, notamment auprès des publics éloignés.

 

Vincent Monadé (CNL) - Rencontres nationales de la librairie 2015

Vincent Monadé, face aux libraires aux RNL 2015, à Lille

(ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

 

 

On recense désormais plus d’un millier d’événements gratuits qui sont programmés sur ces 15 jours de célébration du livre et de la lecture, qui associent tous les acteurs de la chaîne du livre. Le développement et la montée en puissance de Lire en Short s’étalent sur 3 ans, avec de nécessaires ajustements à chaque édition.

 

« Il y aura évidemment une évaluation de la fête, qui sera faite à partir des mois de septembre ou octobre », nous précise Vincent Monadé, président du CNL. « Comme l’action porte sur la lecture et le plaisir de lire, on n’arrivera jamais à chiffrer le nombre d’enfants qu’on a rendus lecteurs, mais ce que l’on chiffrera très précisément, c’est le nombre d’enfants qu’on a pu toucher, aussi bien sur les événements pour les jeunes qui partent en vacances, que sur les événements pour ceux qui ne partent pas, avec un focus sur ces derniers. »

 

L’accent a également été mis sur les publics éloignés de la lecture, au travers de collaborations avec des hôpitaux, les centres aérés, les centres sociaux ou encore l’Assistance publique — Hôpitaux de Paris. Tous les lieux impliqués dans Lire en Short fourniront un « retour qualitatif et quantitatif de fréquentation », précise Bertrand Morisset, conseil et soutien pour des opérations de logistique dans le cadre de Lire en Short.

 

Or, selon Anne Verneuil, présidente de l’Association des Bibliothécaires de France, le choix de la période manque cependant de pertinence. Pour les bibliothécaires, opter pour une manifestation nationale estivale n’était pas la meilleure sur le plan des effectifs des établissements. Une critique que l’ABF formule d’ailleurs depuis le début de cette organisation. Sa présidente précisait dans les colonnes de ActuaLitté : « L’été représente une période assez contrainte pour les bibliothèques, et elle n’a pas été choisie en pensant aux collectivités territoriales. Pour l’instant, les bibliothèques qui menaient déjà des actions sont inscrites dans cet événement, mais beaucoup d’autres ont des actions plus réduites l’été, parce qu’il y a du personnel en congés, ou pas assez de moyens pour mener des projets particuliers. »

 

Si les retours collectés permettront d’ajuster l’offre aux besoins, ils ne conduiront pas à un changement de dates : « J’ai entendu ces critiques sur la date », souligne Vincent Monadé « mais aujourd’hui, il y a 44 bibliothèques et 4 bibliothèques départementales de prêt impliquées sur les 4 scènes nationales, 311 bibliothèques et médiathèques qui organisent 603 événements, 157 opérations de bibliothèques mobiles et 516 animations hors les murs. Sur le terrain, les médiathécaires et les bibliothécaires sont très allants, et j’espère qu’ils iront plus loin. »

 

« Mais la ministre n’a pas la volonté de changer la date de cette fête, qui a été tout entière construite autour de sa date, comme une offre extrêmement différente. Ce serait trahir sa philosophie de la mettre à un autre moment » ajoute le président du CNL.