Lire est bon pour le moral et éloigne la dépression

Nicolas Gary - 05.02.2015

Edition - International - lecture plaisir - estime de soi - dépression santé


La lecture pratiquée pour le plaisir, à intervalles réguliers, est un moteur puissant pour stimuler l'estime de soi, selon une récente étude. La Dr Josie Billington de l'université de Liverpool vient d'affirmer que l'activité était aussi en mesure de réduire le stress, permettant de mieux faire face aux situations difficiles. Lire, c'est bon pour le moral, donc.

 

 

The pleasure of reading - IMG_1364

 N i c o l a, CC BY 2.0

 

 

Les recherches, a expliqué la scientifique, ont montré que 30 minutes de lecture par semaine améliorent la vie des lecteurs. Les répondants sont 20 % plus satisfaits de leur vie que ceux qui ne lisent pas. Mieux : ils sont moins enclins à se déclarer dépressifs, à 21 %. Et surtout, cela améliore l'estime de soi, pour 10 %. 

 

Cathy Rentzenbrink, directrice de Quick Reads, explique : « J'ai toujours trouvé que la lecture pouvait être une grande source de réconfort et cette recherche confirme ce dont j'ai longtemps été témoin professionnellement. La lecture peut aider chacun d'entre nous à être en meilleure santé, plus heureux, et d'obtenir plus de la vie. »

 

En effet, depuis plusieurs années, des études tendent à démontrer que la lecture est créatrice de liens empathiques entre le lecteur et les personnages. Une capacité qui se prolonge alors dans la vie réelle, parce qu'elle apporte des solutions pour réagir. « La recherche actuelle suggère que les livres proposent aux lecteurs de s'immerger et de se plonger dans des mondes imaginaires. Les livres offrent donc la possibilité de créer un lien social ainsi que le calme apaisant de devenir une partie de quelque chose de plus grand que soi, pour un instant précieux et éphémère » précisait une étude de 2011 de l'université de Buffalo.

 

Pour l'enseignante, qui officie à l'université de Liverpool, 58 % des habitants du Royaume-Uni lisent alors qu'un tiers de la population ne lit que rarement, voire pas du tout. Ces derniers ont délaissé la lecture par manque de temps ou de plaisir, mais les résultats montrent que 2,2 millions de personnes l'ont délaissée suite à un événement difficile dans leur vie – évoquant une maladie, un décès ou un divorce. Elle affirme également que 1,2 million d'adultes ont cessé de lire, comme une sorte de dépression.

 

« Alors que les avantages sociaux de la lecture sont largement reconnus, il est également important de reconnaître les gains à tirer de la lecture sur notre santé personnelle, et notre bien-être », assure Josie Billington, qui œuvre également à l'Institute of Psychology and Society. (via The Bookseller)

 

4146 personnes ont été interrogées pour obtenir ces statistiques. Parmi les centres d'intérêt du Dr Billington, le plaisir de la lecture chez les adultes et la relation à la littérature. 

 

En juin 2012, une étude contrariante montrait que les élèves britanniques se sentaient honteux d'être vus par leurs petits camarades avec un livre dans les mains. Seuls 33,5 % des jeunes de 14 à 16 ans estiment que la lecture est encore une activité cool, confortant une autre étude, touchant les enfants de moins de 11 ans. Pour les enseignants, non seulement le temps consacré à lire se réduit comme peau de chagrin, mais surtout, internet retient leur attention à 94 %.