Lire, manger et se rafraîchir : une "little free library" au Boom Festival

Louis Mallié - 13.08.2014

Edition - International - Portugal - Boom Festival - Little Free Library


Reportage : S'il y a bien une caractéristique qui est propre aux Little Free Library, c'est de toujours se trouver là où on les attend le moins - une manifestation musicale trance-psychédélique par exemple, quelque part au Portugal. Ce qui était le cas de « l'Open Source Library », à la fois cafétéria alternative et bibliothèque participative du Boom Festival. Nous ne trouvions sur place que par conscience professionnelle, bien entendu.

 

 

 

 

Créé en 1997, le Boom Festival se tient tous les deux ans sur les rives du lac d'Indanha-a-Nova au Portugal, et ouvrait cette année ses portes le 4 août. Réunissant des participants de 152 pays différents, l'évènement met un point d'honneur à proposer des commerces équitables, durables, hors de toute stratégie marketing… et originaux. 

 

C'est ainsi que près du Liminal Village, où il était loisible à chacun assister à des conférences sur les communautés autonomes ou encore les énergies solaires, on trouvait un cercle de toile portant l'enseigne « Neverland ».

 

Au centre, un comptoir, et tout autour, des tapis, des chaises, des tables basses… et des étagères, le tout en bois : « Nous avons tout fabriqué nous-mêmes », explique Erica, une des responsables. En plus d'elle, l'équipe réunit Leo, Vicke, Noam, et Pierangelo — deux familles d'origines italiennes, israéliennes, canadiennes et chinoises ayant fait le choix de vivre ensemble en autonomie.

 

 

 

 

« L'Open Source Library provient d'une fusion entre l'équipe du Boom et nous », continue-t-elle. « Le Liminal Village est un lieu de culture, et nous voulions proposer une cafétéria s'inspirant des différentes recettes acquises durant nos voyages. Un gérant du Liminal Village nous a dit qu'il aimerait rajouter des livres, et c'est ainsi que l'idée est venue. »

 

L'Open Source Library se veut donc un lieu de confort, où près des Pirojkis, Samoussas, ou Empadas — autant de feuilletés et pâtisserie venus d'Inde, Pologne, du Portugal ou même de Chine — se côtoient des ouvrages à la disposition de tous. Seule règle, écrire son nom sur le livre, afin que celui entre les mains de qui il arrive puisse voir le nombre de lecteurs passés avant lui — et prenne conscience de la valeur de l'objet.

 

 

 

Tous ses ingrédients réunis, le lieu aura fait partie des perles du festival, proposant une ombre et un calme rares… Une qualité qui a fait son succès : « Tout a vraiment bien marché, les gens sont venus lire quotidiennement et ont emprunté beaucoup de livres », rapporte Erica.

 

Et si les livres, d'abord proposés par les gérants et le festival ont connu un succès auprès des festivaliers, le concept demeure, au sein même du Boom Festival, déroutant pour tous ceux qui sont habitués aux emprunts et achats traditionnels : « Beaucoup de gens ont pris des livres. Mais beaucoup sont aussi venus le dernier jour reposer les livres, ne comprenant pas qu'ils pouvaient les conserver. »

 

Tous ceux-là ont donc eu la surprise d'apprendre qu'ils pouvaient terminer la lecture - une petite consolation à la clôture du festival qui refermait ses portes pour deux ans le 11 août.