Littérature de fiction : puissant outil d'empathie

Clément Solym - 07.09.2011

Edition - Société - empathie - litterature - developper


Inutile de s'étonner : l'incidence des lectures sur le développement de l'empathie ne date pas d'hier. En mars 2009, une psychologue, Keith Oatley, faisait état de cette découverte. « À travers des séries d'études, nous avons découvert que la fiction en littérature n'est pas simplement agréable. Elle améliore sensiblement notre capacité d'empathie avec les autres et de nous connecter à quelque chose de plus grand que nous-mêmes. » (voir notre actualitté)

Cette fois, c'est une équipe de chercheurs de l'université de Buffalo qui a donné à lire à 140 étudiants des extraits de Rowling et Setephenie Meyer. Des extraits finement choisis, puisqu'il s'agit de l'adolescence de vampire qu'Edward Cullen raconte à Bella, ou la répartition des écoliers dans les différentes maisons de Poudlard.

De l'émotion à foison...

La suite était simple : une série de mots était présentée, et les élèves devaient appuyer sur un bouton quand il leur semblait que le terme pouvait entrer en corrélation avec leur moi profond. Ou presque.

Les conclusions sont simples : ceux qui avaient lu Potter s'identifiaient à des magiciens, et ceux qui avaient lu Twilight se représentaient alors comme des vampires. C'est-à-dire qu'ils faisaient preuve d'affinités particulières en fonction de la littérature qu'ils venaient d'ingurgiter.

 
Le journal Psychological Science qui publie les résultats de cette étude précise : « La recherche actuelle suggère que les livres proposent aux lecteurs de s'immerger et de se plonger dans des mondes imaginaires. Les livres offrent donc la possibilité de créer un lien social ainsi que le calme apaisant de devenir une partie de quelque chose de plus grand que soi, pour un instant précieux et éphémère. »

Finalement, la lecture répond à un besoin social premier, celui du partage, et une expérience similaire est en cours, cette fois en gardant Potter, mais en remplaçant les vampires par des Jedis.

La fiction 'humanise' notre vision du monde

Keith Oatley, du département de développement humain et de psychologie appliquée à l'université de Toronto, analyse les résultats : « Je pense que la fiction, et pas du tout la non fiction, a pour conséquence d'améliorer l'empathie, en ce que la fiction est principalement tournée vers l'interaction de soi aux autres, dans un monde d'échanges. »

Avec la fiction, nous entrons dans un monde où prédomine alors le questionnement vis-à-vis de l'autre, de ses motivations, du pourquoi de ses actions. Finalement, en lisant des ouvrages d'astronomie ou de géologie, on se spécialisera dans ces matières. Avec des oeuvres de fiction, on devient plus à même de saisir les enjeux des relations humaines, à partir des différents points de vue établis.

De quoi pointer la nécessité de donner un accès le plus large possible aux oeuvres existantes.

Si la musique adoucit les moeurs, la fiction les humaniserait donc...