Littérature et cinéma : le myhe du vampire, sexuel, historiquement

Clément Solym - 29.03.2010

Edition - Société - littérature - cinéma - vampire


Alors nous y voilà : la littérature vampirique et la fonction du vampire. Autour d’une table ronde transversale, où cinéma et littérature se rejoignaient, les morts-vivants suceurs de sang étaient aux premières loges. Parce que la mode Twilight, ça va un moment, mais qu’il faut tout de même prendre en compte qu’il existe autre chose.


Et pour en parler, parmi les invités de la table ronde, Laurell Kaye Hamilton qui n’aura pas manqué de susciter l’admiration et les applaudissements de l’auditoire venu en masse à La Scène. Pour elle, impossible de comprendre cette réaction qui chez Stephenie Meyer a aseptisé les vampires. Mais en discutant avec des femmes de 16 à 50 ans, elle a dégagé un point commun : une fascination pour cette nouvelle créature, le vampire qui devient prince charmant.

« Je suis ébahie par ces femmes qui veulent et attendent un prince charmant. N’attendez pas qu’un homme vous sauve. Et sauvez-vous vous-même. Et sauvez-le lui, aussi ! » Tonnerre d’applaudissements, on sent le fan club pas très loin.

Car le vampire, c’est une créature pourtant très sexuelle, confirmera Christophe Commères. Du côté dandy des années 60/70, le film de vampire est devenu un prétexte à tourner des scènes de nu. On parle tout de même d’une créature qui pénètre (oups…) dans la chambre de jeunes femmes, de nuit. « Y’a même des pornos qui ont suivi, mettant en scène des vampires ! »

En même temps, dans Twilight, pas de passage à l’acte. « C’est peut-être prévu pour le 5 ou le 6e tome. Ça doit quand même être dur pour eux » lance l’animateur. « Oui, et c’est probablement ce qui inversera la tendance pour plus tard, avec des films de vampires bien plus trash », comment Fausto Fasulo.

Créature protéiforme, séduisante et repoussante autant qu’affligeante, le vampire incarne en outre cette malédiction absolue : vivre éternellement. Pour Fausto, c’est de cette souffrance éternelle que découle le palliatif de la morsure et de la reproduction. Note tout de même : c’est un peu pareil pour les zombies, mais eux vivent leur éternité dans un sale état malgré tout. Tant qu’à faire, autant opter pour la vie en bonne santé. Quoique mort. Et à la malédiction de la souffrance s’ajoute celle de voir la mort et la connaître, en revenant toujours quand les humains s’éteignent.

La question aurait pu être posée : finalement, est-ce que la pérennité en littérature ou au cinéma du vampire ne tient pas à sa nature même ? La figure de ce personnage a la dent dure en somme… Probablement, et d’ailleurs plus encore, puisque le mythe s’exporte un peu partout dans le monde, devenant un mix entre les croyances locales et les images internationalement véhiculées.

La suite de la conférence, moins intéressante d’un point de vu littéraire basculera surtout sur les adaptations de la créature et ses différentes déclinaisons à travers les réalisateurs. Ainsi que les impératifs de sa survie, dans les mains de réalisateurs qui n’en sont pas forcément des maîtres. Il suffirait pour la France que l’on trouve de bons scénarios, parce que l’on a déjà les réalisateurs pour ce faire.

Reste que la bête a subi de nombreuses évolutions entre les générations : depuis des premiers qui étaient impuissants, en passant par les suceurs de sang pour introduire la notion de sexualité, on est finalement arrivés à des créatures romantiques.

Dont Laurell, n’est pas, mais alors pas du tout fan…