Littérature policière : un bon k-libre pour des chroniques (18)

k-libre Julien Vedrenne - 11.02.2013

Edition - Les maisons - littérature policière - chroniques - livres


Chaque semaine k-libre et ActuaLitté vous proposent par le biais d'une sombre collaboration une revue de presse croisée, qui filtre l'actualité des littératures policières et du monde qui les entoure. Vous aurez d'un côté des chroniques littéraires d'ouvrages très récents, et de l'autre des informations concernant cet étrange monde. Comment il vit, de quoi il est fait, et comment parfois il meurt. Le tout formant une ActuaLitté policière bien k-librée !

 

 

k-libre, les mondes policiers

 

 

 

 

 

 

 

Roman : Le Pont des assassins, de Arturo Pérez-Reverte

L'Espagne a dominé le monde, ses armées livrant des combats contre la moitié de la terre au XVIIesiècle. En compagnie du capitaine Diego Alatriste y Tenorio, Arturo Pérez-Reverte fait revivre de l'intérieur une partie de cette formidable épopée, avec tout son talent de narrateur. L'action du Pont des assassins commence sur l'île des squelettes, un îlot où les Vénitiens déposent les ossements enlevés des cimetières engorgés. Deux hommes se livrent un combat acharné, alors que trois autres guettent le navire qui leur permettra d'échapper à la meute de leurs poursuivants.

A retrouver sur k-libre

 

 


 

 

Roman : L'Heure des fous, de Nicolas Lebel

Tiens, un peu de sang neuf ! Ce premier roman de Nicolas Lebel se pose comme un mélange entre le polar d'enquête et le procédural auquel il ne manque qu'une légère bascule pour tomber dans l'humoristique, tant ses personnages sont décalés. Le départ est banal, un fait divers comme beaucoup avec un SDF poignardé à mort par ce qui semble être d'autres clochards. Pas de quoi y passer la nuit, n'est-ce pas ? Sauf que ce SDF mène à un personnage, Rodolphe, prof en Sorbonne poignardé dans le dos par sa hiérarchie. Un homme tombé au plus bas, qui hante les foyers et semble recruter d'autres damnés de la Terre pour mijoter une bien improbable vengeance... Et que vient faire dans cette histoire un fusil remontant à l'ère napoléonienne... qui n'aurait jamais dû exister ?

A retrouver sur k-libre

 

 

Roman : Au péril de ma vie, restez prudent, de Philippe Autrive

C'est l'histoire d'Antoine, un drôle d'avocat, extrêmement brillant quand il plaide, mais qui manque singulièrement de confiance en lui dès qu'il sort du tribunal. Tel un D'Artagnan des temps modernes, et un peu malgré lui, il va se retrouver associé à trois intrépides mousquetaires : sa petite amie Clara, Lucie une jeune fille muette et un trentenaire activiste et séropositif, Mathias. Et tous les quatre, au péril de leurs vies, comme il se doit, vont courageusement s'attaquer à une gigantesque organisation criminelle...
– Le pot de fer, donc...
– Bravo, tu suis !
– Et c'est quoi le but de cette organisation criminelle ?

A retrouver sur k-libre

 

 

Roman : Et vous trouvez ça drôle ?, de Donald Westlake

"Derrière chaque grande fortune se cache un crime" écrivait Honoré de Balzac. Mais pour Donald Westlake, devant chaque grande fortune se fomente un crime. Et c'est d'autant plus vrai lorsqu'il met en scène son personnage truculent, défaitiste et impassible John Archibald Dortmunder. Au cœur de cette intrigue, un jeu d'échecs avec des pièces couvertes de diamants, cadeau offert au tsar Nicolas II qui, d'échec en échec, fut fusillé en 1917 pendant la Révolution russe sans avoir pu apprécier ce jeu à sa juste valeur. Comme dans les films de guerre, un peloton de neuf soldats américains menés par le sergent Alfred X Northwood, en opérations à Mourmansk pour empêcher l'Armée rouge de faire main-basse sur un dépôt de munitions, est tombé sur ce jeu d'échecs qui cherchait un propriétaire. Les hommes firent donc ce que leur morale leur intimait, et le jeu se transmua en butin de guerre, chacun emportant une part équitable. Jusque-là, rien que du normal. Mais à Chicago, changement de décor : c'est au sergent qu'échoie le rôle de convertir le jeu en prêts. Un sergent qui disparait dans la nature avant d'apparaitre plusieurs années après à New York avec une fortune incommensurable.

A tretrouver sur k-libre

 

 

Roman : L'Énigme Velásquez, de Michael Gruber

Un thriller, c'est avant tout une construction. Une construction le plus souvent labyrinthique, contournée. C'est le cas avec ce roman de Michael Gruber : un peintre raté, après avoir utilisé une nouvelle drogue, se découvre une véritable vocation de faussaire. Mais est-ce vrai ou est-il un peintre important sombrant dans la folie ou bien encore la véritable réincarnation de Velásquez ?

 

Raconté à la première personne, mélangeant les périodes et les informations, L'Énigme Velásquez se bouscule en tous sens, se perd dans un méandre avant de revenir à l'intrigue principale. On ne voit ni coup de feu ni morts. Tout juste si l'on distingue des parrains qui dans le chapitre suivant sont présentés comme des médecins psychiatres venus vérifier l'état mental du peintre... Michael Gruber s'est beaucoup documenté et fait passer avec justesse les informations sur l'art (y compris moderne), sur sa théorie, sur les vols des nazis, sur les façons de produire un faux convaincant, et sur la biographie de Velázquez.

A retrouver sur k-libre

 

 

Livre-jeu : Mène l'enquête avec Shen Shan - 4 : Mission au centre de la Terre, de Didier Lévy & Fabien Laurent 

Dans la lignée de Où est Charlie ? je demande Shen Shan, le petit orphelin, et son perroquet Litchi. Attention, il va falloir utiliser ses meninges pour résoudre dix enquêtes bien aidé par le Grand Dragon Savant, toujours - presque toujours - présent en ultime recours, et sur les trois indices (qui aident quand même beaucoup).


L'idée est simple et ludique et ne cesse de faire ses preuves avec déjà quatre albums-jeux-enquêtes du même cru. Fabien Laurent, au dessin, et Didié Lévy, au texte, ont concocté une petite intrigue et demandent à leurs lecteurs d'aider un trio d'aventuriers qui ont vraiment des aspects extraordinaires dans un univers cosmopolite et troglodyte. Dix double-pages pleines de couleurs (merci Jérôme Alvarez) et de détails pour mieux perdre l'œil et aiguiser les sens.

A retrouver sur k-libre

 

 

Document : Retour à Whitechapel : la véritable histoire de Jack l'Éventreur, de Michel Moatti

Le roman s'ouvre sur une carte victorienne du fameux Whitechapel et de Spitafield, son quartier adjacent, en 1894 soit six ans après les cinq meurtres attribués à Jack l'Éventreur : Mary Ann Nichols le 31 août 1888, Annie Chapman, le 8 septembre, Elizabeth Stride et Catherine Eddowes le 30 septembre, à une heure d'intervalle, et enfin Mary Jane Kelly le 9 novembre, "point d'orgue" du serial killer qui eut tout le temps, dans la pauvre chambre n° 13, de mettre en scène ses sanglants talents.

 

Mais le début du roman est pour le moins déstabilisant puisqu'il commence avec le journal intime de Mrs Pritlowe, une infirmière dans le Londres bombardé en 1941, journal dont les caractères en italiques vont s'avérer le corps du roman ce qui est un choix typographique pas forcément heureux pour la lecture. Insérés entre ces chapitres de 1941, voilà des témoignages écrits et des portraits courts, issus de l'enquête en novembre 1888 après le meurtre de Mary Kelly. S'y ajoutent des scènes romancées sur l'avant et l'après de ce meurtre ainsi que des flash-back tout aussi romancés sur les autres meurtres précédents. Ce choix de tronçonner son roman avec des allées et venues entre 1941 et plusieurs périodes de 1888, alors qu'on le lit en 2013, oblige à une gymnastique de l'esprit que la mode actuelle des docu-fictions rend sans doute plus facile.

A retrouver sur k-libre