Littérature porno : les auteures indépendantes ont la cote

Clément Solym - 22.08.2012

Edition - Les maisons - Sara Fawkes - Anything He Wants - St Martin


Alors que l'on découvre avec une stupeur presque pas feinte que les ventes baissent pour le best-seller porno Fifty Shades of Grey pour mamans - et grands-mères, tout le monde n'était pas encore informé. Ainsi, la maison St Martin a annoncé mardi l'acquisition d'Anything He Wants, le thriller érotique de Sara Fawkes, dont les quatre premiers épisodes ont été auto-publiés entre mai et juillet 2012. 

 

 

18 January 2007: Bondage Bear

 

 

Fidèle au genre Fifty Shades of Grey, le succès ardent d'E.L James bientôt adapté au cinéma (voir notre actualitté), le 5e épisode est prévu pour septembre prochain, au format numérique.

 

L'auteure Sara Fawkers veut tout donner ou presque : pouvoir, jeux dangereux ainsi qu'un extrait inédit du 5e épisode, sur son blog. Lucie Delacourt tombe amoureuse du P.D.G. millionnaire Jerhemiah Hamilton, et le suivra dans une intrigue à base d'espionnage L'auteure passionnée de motos et de liqueur forte, se dit écrire sur les « hommes alpha et les femmes qu'ils adorent », son personnage, Georgia, a vu le monde « au travers de l'armée ».

 

Sara Fawkers a déjà autoédité les 4 premiers épisodes entre mai et juillet 2012, depuis les lecteurs accrochent pour lire 28 à 52 pages d'érotisme assidu. Le premier épisode coûtait à peine moins d'un dollar et les trois suivant 2,99 $. La série s'est hissée en quelques mois à la 4e place des meilleures ventes fin juillet sur Amazon. 

 

St Martin publiera donc au format numérique et imprimé les cinq volumes au grand complet, dont le 5ème encore inédit en septembre. Le livre papier suivra dans la foulée, mais les termes du contrat n'ont pas encore été annoncés par la filiale du groupe Macmillan.

 

C'est une sorte de loi naturelle qui s'installe dans le paysage littéraire : les éditeurs, plutôt que de chercher de nouveaux auteurs qui leur proposeraient des manuscrits sur le thème en vogue, le porno-bondage-SM, préfèrent donc piocher dans le vivier de l'autoédition. Logique, ô combien, puisque les auteurs qui commercialisent seuls leurs oeuvres ont déjà un premier lectorat, et profitent donc d'un début de notoriété sur laquelle l'éditeur pourra se mettre à surfer.

 

Du reste, impensable de se priver d'une telle abondance, qui doit son essor à la commercialisation de livres numériques, bien entendu, et aux outils simples pour la mise en vente de son ebook sur les plateformes. Une nouvelle tendance qui s'installe ? Difficile de ne pas y penser : en s'appuyant sur le parc existant d'auteurs indépendants, les maisons d'édition disposent d'un matériel plus large que jamais. Et qui permet surtout de ne plus être - trop - en retard sur les sujets chauds du moment.

 

En d'autres circonstances, l'autoédition aurait alors fourni aux éditeurs une multitude d'auteurs en mesure de riposter au ras de marée Harry Potter, en piochant dans les écrivains indés...