Livre acheté contre manuscrit étudié : ça passe très mal

Clément Solym - 12.07.2010

Edition - Société - acheter - livre - manuscrit


Souvenir, souvenir... vendredi nous évoquions une maison américaine qui lançait un programme « achetez un livre = sauver une librairie », qui se couplait d'une offre pour le coup pas idiote. Tout manuscrit envoyé et accompagné de la preuve d'achat d'un livre, mais manifestement de ladite maison serait examiné. Contrairement aux habitudes face aux envois spontanés de manuscrits qui partent à la poubelle.

On s'en doute, outre-Atlantique, cette initiative originale n'a pas manqué de soulever quelques protestations, comme le stipule Mobylives.

Rappelons avant tout que si la personne est trop démunie pour acheter un livre, elle a aussi la possibilité de composer un petit poème, un haïku, précisément, ou d'expliquer en quelques mots quelles sont les turpitudes de sa vie.

Va me faire cuire un gâteau !

Certains versent dans l'ironie cinglante, assurant que désormais, il faudra accompagner son manuscrit d'un CV avec lettre de motivation, et les années de diplômes ont intérêt à être nombreuses. Par ailleurs, l'éditeur indépendant Dzanc signale qu'il fera parvenir une liste de lecture aux postulants, qu'il vaudra mieux avoir lue, sous peine de se faire éjecter, ou de devoir faire cuire un gâteau pour eux.

Pas le temps, c'est de l'argent

Electric literature formule différemment son avis. En effet, si accompagner son manuscrit d'un mot expliquant pourquoi l'on n'est pas en mesure d'acheter un livre n'a rien de bien méchant, le billet précise que la volonté de mettre quelques obstacles entre l'éditeur et l'auteur potentiel est tout à fait compréhensible. « Surtout celui qui est censé vous aider à mener votre entreprise et soutenir ce que vous aimez. » Après tout, la lecture d'un manuscrit demande du temps, et pendant ce temps, justement, on n'en étudie pas d'autres.

Ce qui est original, mais prévisible, c'est que l'on retrouve des réactions bien plus épidermiques chez Wrath, le blog immanquable quand on a besoin d'une bonne catharsis après le refus d'un envoi de manuscrit par voie postale...

Z'êtes malades...

Alors, puisqu'il faut prendre parti, voilà ce que l'on pourrait en penser. En soi, l'intention est honorable, faire acheter un livre, ou demander d'écrire un mot ou un haïku, n'a rien de répréhensible en soi. Au contraire, cela peut mesurer la motivation de l'auteur

Et puis, l'initiative a quelque chose d'original qui ne fait pas de mal. Après tout, avouer clairement que le reste du temps on n'ouvre pas les envois est plutôt honnête, non ? Enfin, pour ce que j'en dis...