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Livre de Farid Benyettou, repenti du djihad : une "promotion déplacée"

Victor De Sepausy - 10.01.2017

Edition - Société - Farid - Benyettou - promotion


Farid Benyettou, islamiste repenti mais déjà condamné pour « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste » vient de sortir un livre qui témoigne de sa déradicalisation en association avec l’anthropologue Dounia Bouzar. Intitulé Mon djihad, itinéraire d'un repenti (éditions Autrement, 224 pages, 16,90 €), cet ouvrage n’a pas vraiment sa place, dans la période actuelle, au sein du paysage médiatique français, selon plusieurs associations.

 

 

 

C’est ainsi que dans un communiqué, l’Association française des Victimes du Terrorisme (AfVT.org) et l’association Onze Janvier dénoncent la promotion du livre, et notamment le passage de Farid Benyettou sur le plateau de « Salut les Terriens », l’émission de Thierry Ardisson diffusée le samedi soir sur C8. L’ancien islamiste, qui a notamment côtoyé en 2003 et 2004 les frères Chérif et Saïd Kouachi, avait trouvé l’occasion de présenter un badge « Je suis Charlie » lors de l'émission du 7 janvier.

 

Dans le communiqué publié par les deux associations de victime des attentats, on peut lire qu’ « Au vu de la tonalité de l’ouvrage co-signé par Farid Benyettou et Dounia Bouzar, l’AfVT.org et l’association Onze Janvier considèrent que cette initiative éditoriale n’est rien d’autre qu’une tribune et donc, d’une réhabilitation à peine déguisée, de celui qui fut le mentor des terroristes Said et Cherif Kouachi. »

 

Et d’ajouter que « si l’AfVT.org et l’association Onze Janvier jugent irresponsable cette réhabilitation publique, c’est aussi parce qu’elle s’inscrit, de l’aveu même de Dounia Bouzar, contre l’avis des services spécialisés du ministère de l’Intérieur quant au profil de Farid Benyettou, jugé indigne de confiance.

 

Par ailleurs, au nom des intérêts moraux des victimes du terrorisme, en général, et de celles de janvier 2015, en particulier, l’AfVT.org et l’association Onze Janvier condamnent vivement l’instrumentalisation des dates commémoratives que des usages républicains et la décence réservent habituellement aux victimes et à leurs proches. »