Livre Diffusion : Jean-Marc Ayrault interpellé

Clément Solym - 17.09.2012

Edition - Librairies - salles de vente - Livre Diffusion - Nantes


Exclusif ActuaLitté : La situation de Livre Diffusion, ensemble de salles de vente, est plus que jamais dans les mains des actionnaires, Sodis (Gallimard), Volumen (La Martinière-Seuil) et UD (Flammarion). Le Plan de Sauvegarde de l'Emploi sera bien discuté ce mercredi, et pour l'heure, la direction s'est simplement expliquée sur les raisons des suppressions d'emplois. 

 

 

 

 

Patrick Thoumire, secrétaire du Comité d'Entreprise, et délégué syndical de la CFDT, contacté par ActuaLitté, reste très lucide sur cet avenir. « La direction nous dit qu'il y a des difficultés de trésorerie, et c'est indéniable. Mais elles sont liées à des décisions prises par les actionnaires, ces dernières années, qui ont impacté le chiffre d'affaires.» Ainsi, en 2008, deux des trois actionnaires ont décidé de faire payer les stocks - UD et Volumen - pour les deux salles de Lyon et Nantes. Une décision lourde de conséquences, nous précise-t-il, qui a nécessairement entraîné une baisse du résultat pour les salles.

 

Renouer avec la rentabilité

 

Franck Ferrière, président de Livre Diffusion confirme : « Économiquement, la situation n'est plus tenable. Mais les décisions prises par les actionnaires ont avant tout visé à développer l'activité. Aujourd'hui, les sites de Nantes et de Lyon coûtent cependant trop cher, mais en parallèle, Livre Diffusion a développé une réelle expérience dans l'activité de grossiste. » 

 

D'ailleurs, les actionnaires ont adhéré au projet de réorganisation de l'entreprise qu'a proposé M. Ferrière, « parce que tous trois ont désormais besoin du savoir-faire de Livre Diffusion. Mais surtout, l'ensemble des fournisseurs a été informé, et aucun d'entre eux n'a choisi de nous lâcher. Cette preuve de confiance est importante». Lui-même a évidemment sollicité les actionnaires et largement pris le temps de les informés des solutions possibles pour mettre en place des alternatives. Sachant qu'à ce jour, seul le site d'Ivry est rentable dans son activité. 

 

Un point sur lequel la CFDT attend les conclusions de l'expert-comptable, qui validera, ou non, les analyses économiques de la direction. D'autre part, la réaction des libraires sera primordiale. « Nous sommes en train de couper toutes les attaches que nous avions avec les librairies indépendantes de province, et l'on retrouve exactement plusieurs des points noirs que détaillait le rapport de début d'année sur la librairie. » (voir notre actualitté)

 

L'art des pistes...

 

Aujourd'hui, ce sont 36 suppressions de postes sur Nantes (13) et Lyon (23) qui sont concernées, avec 15 créations sur le site d'Ivry, et Franck Ferrière assure qu'il sollicite ses actionnaires pour qu'ils trouvent des solutions permettant de conserver l'ensemble des emplois. « Nous avons trois types de clients, et pour chacun d'entre eux, la situation va changer, mais on ne ne peut pas parler de paupérisation de l'offre. Les libraires qui venaient tous les jours, pour des retours d'ouvrages ou des achats connaîtront un réel problème d'organisation, et c'est avec eux qu'il faut travailler au plus près. Nos clients sont essentiellement des petites librairies ou des maisons de la presse, ou des musées et des établissements qui n'ouvrent que pour les vacances. »

 

Et pour ceux-là, oui, la fermeture des établissements de Lyon et Nantes posera d'autres problèmes logistiques. Mais pour les gros qui étaient livrés, que le livre arrive de Nantes ou d'Ivry ne changera pas grand-chose. Pour autant, la CFDT a tenu à solliciter le premier ministre, en tant qu'ancien maire de Nantes. Jean-Marc Ayrault, pour l'informer de cette situation.

 

" Ce que nous redoutons tous, c'est le risque de détruire la chaîne du livre et principalement les points de vente de proximité. Investies et passionnées toutes les personnes qui ont participé à la diffusion des livres sont révoltées par ces décisions en cascade.

En notre position de comité d'entreprise et section syndicale CFDT pour Livre Diffusion à Nantes et Lyon, nous souhaiterions organiser avec vous de toute urgence une réunion de travail autour de cette question cruciale de l'emploi et de sa sauvegarde dans le secteur.

Madame la ministre Aurélie Filippetti doit recevoir prochainement une délégation de la CGT concernée par la suppression des dépôts régionaux d'Interforum-Editis. Nous aimerions y participer au nom des salariés de la SAS Livre Diffusion. "

 

Un appel à l'aide dont on n'attend pas nécessairement une révolution, nous confie Patrick Thoumire. De son côté, Franck Ferrière déplore surtout que la direction d'Interforum-Editis n'ait pas donné suite à ses propositions de mutualisation des salles de vente. « Interforum était installé à Lyon, et à Nantes, tout comme nous. Dans ce contexte, je leur avais proposé de réunir les espaces, pour diminuer les coûts, et maintenir un service de proximité pour l'ensemble de nos clients. Mais après plusieurs rencontres avec le PDG, Alain Kouck, la société n'a pas donné suite. C'est regrettable, nous tenions peut-être une solution commune... »

 

Consulter l'intégralité de la lettre. 

 




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