Livre numérique : doper le marché, avec les best-sellers

Clément Solym - 26.06.2010

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L'ebook, c'est l'avenir. Si, si. Prenez Stieg Larsson : le succès de son livre qui en une semaine génère 425.000 ventes, dont 125.000 en version numérique est typique. On pourrait prendre également l'exemple de Dan Brown, dont les ventes réalisées via la boutique Kindle avaient été supérieures à celle de la version papier.

Peut-être dans ce cas de figure ne faut-il pas négliger la simplicité d'achat via Amazon, pour ce qui est des ebooks, mais n'empêche... la situation est simple.

Pour Eileen Gittins, directrice de la société d'autoédition Blurb.com, le livre numérique représente une solution économique face à la situation financière des ménages. Les éditeurs ont besoin de s'assurer de quelques victoires pour relancer les machines, et l'ebook leur apportera ces choses sans peine.

Le secteur rapporte. Si, si...

Parce que le marché du livre autant que celui du cinéma vit aussi et avant tout de ses blockbusters. Et des revenus qu'ils (r)apportent. Et alors que le tarif des livres numériques est toujours discuté - ici et ailleurs - les recettes qu'il représente sont capitales pour redynamiser le secteur. Souvenirs : voilà quelques semaines, l'IDPF annonçait des ventes sur le premier trimestre, on effleure les 100 million $ de ventes. 91 millions $ pour être précis.

En parallèle, l'Assemblée générale du SNE montre que le numérique aura pesé en France, pour 2009, près de 2,4 % du chiffre d'affaires de l'édition - audiobooks, ebooks et applications compris.

Enfin, il serait temps de prendre en compte la réalité des coûts de création d'un ebook. Un ePub, c'est entre 100 et 200 € de coût de fabrication, prix qui peut évoluer selon le nombre de liens qu'il faut placer dans le livre, lesquels doivent être vérifiés manuellement - et font donc augmenter la facture. Mais le plus petit lancement de 1000 ouvrages papier en librairie - avec un coût de création entre 85 cents et 2 € le livre, voilà qui fait rêver. De ce point de vue, les économies à réaliser se calculent rapidement.

La question du pourquoi ne bascule-t-on pas est alors presque accessoire.

Attention à la maaaaaaaaaaarche

Cependant, les experts estiment que le secteur ne profitera pas à tout le monde. Bien au contraire. Les lectures favorites restent des ouvrages d'été, ces bouquins dont Marc Levy honnit le terme de « roman de gare », la SNCF appréciera (encore que son département dédié à la lecture disparaisse, cela n'enlève rien à l'investissement qu'elle a pu mettre).

Lucas Wittman, éditeur chez Daily Beast estime que d'ici cinq ans, les ventes de livres numériques pourraient compenser les pertes de ventes papier, mais pour le moment, les éditeurs en ressentent juste les prémices. La fiction profite déjà des ventes par le biais du numérique, et si les maisons en sont encore au stade de l'expérimentation, même outre-Atlantique, on voit arriver une vague de lecteurs qui privilégie essentiellement les ebooks.

Au risque de faire perdre de l'argent sur les ventes des livres papier, et particulièrement des best-sellers ou romans de gare, qui justement faisaient tant recette.