Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

Livre : préserver et promouvoir la diversité culturelle au Québec

Clément Solym - 05.10.2012

Edition - International - librairie - Québec - prix unique du livre


Depuis fin août, les professionnels du livre au Québec ont initié une campagne de sensibilisation, pour Un juste prix du livre. Un projet de législation portant sur une fixation du prix de vente des livres, afin de régulariser le marché. Une initiative qui ne cesse de recevoir des messages d'encouragements, tant d'auteurs que de patrons de groupes français. 

 

Drawn and Quarterly Bookstore

Librairie, à Montréal

Alykat,  (CC BY-NC 2.0)

 

 

Fin septembre, c'est le Syndicat de la librairie française, qui dans un communiqué, a souhaité témoigner de sa solidarité dans cet engagement pour l'édition québécoise. « L'objectif du prix unique est avant tout culturel : il s'agit de maintenir la richesse et la diversité de la création littéraire. Il est également économique dans la mesure où la diffusion de cette création nécessite un réseau aussi dense que possible de librairies de qualité », souligne le SLF

 

Et d'ajouter : « La nécessité du temps long explique pourquoi une politique éditoriale n'est pas compatible avec des exigences de rentabilité immédiate. L'éditeur recherche un équilibre économique global où les gains tirés des meilleures ventes financent les titres de qualité dont la rentabilité n'est pas immédiate. Le prix unique du livre permet cet équilibre. »

 

En France, comme ce sera probablement le cas en Israël, où l'Assemblée planche sur un projet de loi de prix unique du livre, la législation a rempli « les deux exigences fondamentales de l'économie du livre : la péréquation entre les best-sellers et les livres à rotation lente ainsi que la diffusion la plus large possible ». 

 

Il ne faut cependant pas omettre que le prix unique a également largement profité aux grandes surfaces, qui ont réalisé de marges importantes, en regard des librairies indépendantes, avec la vente de livres. Sur un produit où aucun rabais n'est possible, et avec des remises importantes proposées par les éditeurs, ces grandes surfaces ont eu un pont d'or...

 

En parallèle, le président du Syndicat national de l'édition, Vincent Montagne, s'est également lancé dans un courrier, adressé à Jean-François Bouchard, président de l'Association nationale des éditeurs de livres. 

 

Dénonçant les pratiques hégémoniques que l'environnement numérique « est de nature à accentuer », le président du SNE pointe que « l'adoption d'un prix unique du livre au Québec contribuerait à préserver et promouvoir la diversité culturelle en application de la Convention de l'UNESCO, sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles, que nos deux pays ont contribué à établir ».

 

Pour mémoire, en février 2010, l'ADELF, Association des distributeurs exclusifs en langue française, partait en croisade pour défendre ce même projet. « La loi réglemente les pratiques commerciales de tous les intervenants de la chaîne du livre, de façon à assurer à chacun une part la plus équitable possible des revenus tirés du commerce du livre », expliquait l'Association. 

 

Lettre Vincent Montagne (SNE) : prix unique du livre au Québec