Livres, CD, jeux vidéo : le téléchargement deviendra-t-il la norme ?

Clément Solym - 15.02.2011

Edition - Economie - livres - cd - vidéo


Nombreux sont ceux qui parient sur un prochain dépassement du marché physique des biens culturels par celui des produits directement téléchargés. Mais on en est encore bien loin. L’institut GfK relève qu’en 2010, un produit culturel acheté sur dix était dématérialisé. Ce même institut annonce par ailleurs qu’on devrait dépasser, dans le courant de l’année 2011 le milliard d’euros de chiffres d’affaires sur le plan des achats de produits culturels téléchargés.

On est donc encore loin d’une concurrence provocante entre le physique et le dématérialisé. Mais il faut tout de même faire attention aux chiffres : ainsi, entre 2009 et 2010, le marché du contenu dématérialisé s’est envolé de 30 %. Vous allez me répondre que c’est tout à fait normal pour un nouveau secteur qui part forcément de très bas…mais tout de même…la hausse est là.


Le livre : physique VS numérique

Au sein du marché des biens culturels, le livre se maintient sur l’année 2010, avec une très légère baisse de 0,5 tant en volume qu’en valeur. Et pour ce qui est du livre dématérialisé, le marché reste encore balbutiant et seuls 13 % des internautes téléchargent des livres numériques quand ils sont déjà 50 % pour la musique ou la vidéo.

Et, sur ce plan, c’est le livre gratuit qui domine, avec 75 % des téléchargements réalisés. Toutefois, pour l’institut GfK, il est à prévoir une évolution positive du secteur du livre numérique sur les prochaines années, encore faut-il que l’offre s’étoffe et que les éditeurs se mettent davantage à travailler avec ce support.

Quant aux best-sellers 2010, on est loin de la grande littérature…avec les régimes de Pierre Dukan et autres stars de la vie pratique. Les essais se placent très bien avec le succès surprise d’Indignez-vous de Stéphane Essel (1,4 millions d’exemplaires vendus). Et Lorant Deutsch n’a pas à rougir, loin s’en faut, avec son Métronome écoulé à plus de 880 mille exemplaires…


Et la musique ?

L’existence d’un double marché pour les biens culturels devrait permettre à ce secteur de dépasser en 2011 les 8,5 milliards d’euros de chiffres d’affaires. Et, au niveau de la musique, marché très en avance en comparaison avec les secteurs du livre ou du cinéma, on table déjà en 2011 sur un dépassement des ventes de musique physique par celles de morceaux et d’albums dématérialisés.

En 2010, les deux marchés se talonnaient déjà fortement, avec 54 millions de CD vendus contre 52 millions d’actes de téléchargements. Toutefois, au passage, la musique perd quelques clients qui s’orientent désormais vers le téléchargement illégal. Le chiffre d’affaires du secteur en 2010, à 719 millions d’euros, est en baisse de 11,7 %... Parmi ces 719 millions, 93 relèvent du téléchargement, grâce notamment au mobile.

Et la vidéo ?

Avec un délai de mise en vente passé de 6 à 4 mois après la diffusion du film en salles, le DVD arrive à se maintenir et l’on ne compte pas moins d’1,285 milliard d’euros de chiffres d’affaires pour ce secteur en 2010, un chiffre stable par rapport à 2009, grâce notamment à la très bonne performance d’Avatar.

Quant au marché du jeu vidéo, il est toujours en progression, avec un marché de 3 milliards d’euros pour l’année 2010. Aux côtés des ventes physiques, la pratique des jeux en ligne se démocratise de plus en plus, offrant ainsi aux opérateurs de ce secteur une envolée des revenus générés par les téléchargements.