Livres de développement personnel : quoi ma gueule, kessellamagl ?

Clément Solym - 19.06.2018

Edition - International - développement personnel livres - réussite personnelle lecture - livres conseils confiance


Le développement personnel compte parmi les secteurs vivaces dans l’édition. Mais ces ouvrages sont-ils efficaces ? Un psychologue suédois et un professeur ont décidé de se lancer dans la lecture. Et d’appliquer les recommandations. Conclusion : faut aimer que le monde tourne autour de son nombril.

 

Goodbye Mattoon
A.Robillard, CC BY 2.0

 

Durant tout une année, Carl Cederström, professeur agrégé d’études organisationnelles à l’Université de Stockholm, et André Spicer, professeur à la Cass Business School de Londres, ont donc bouquiné des livres de développement personnel. Ils sont passés du titre de Dale Carnegie – Comment se faire des amis, publié en 1936, qui a lancé la mode – jusqu’au dernier ouvrage de Tim Ferriss, auteur de La semaine de 4 heures.

 

Les deux lecteurs attentifs sont sortis de leurs bouquins avec une première constatation : cette littérature fait, de nos jours, peser une très lourde pression, « parfois insurmontable sur l’individu ». Cederström et Spicer expliquent que le monde occidental dépend d’une sorte de fascination pour le succès personnel – et plus encore, en cas d’échec.

 

« Nous vivons dans une culture caractérisée par la compétition, où l’idée est que nous pouvons nous motiver pour avoir une super confiance en nous-mêmes. La société est caractérisée par une sorte de pensée où l’on croit devenir meilleurs qu’à condition d’avoir un niveau d’éducation et un job bien payé, mais, souvent, ce n’est pas un manque de motivation, mais plutôt des facteurs comme la classe sociale ou le genre », affirme Cederström. 

 

En réalité, ces ouvrages véhiculent bel et bien une ligne individualiste, qui n’invite jamais à considérer que l’on puisse devenir meilleurs au niveau collectif et global. De toute évidence, ce sont des livres qui visent à gonfler l’ego à bloc, et pas vraiment à ouvrir les chakras du lecteur pour le mener vers autrui.

Et ce, parce que tout part des racines du rêve américain, et du self-made-man...

 

La notion de réussite n’est alors plus qu’éprouvée par le prisme de sa propre amélioration – et durant des années, les dirigeants comme Reagan ou Thatcher n’ont cessé d’exacerber cette vision du monde.

Avec pour conséquence, de créer des personnalités comme Trump aujourd’hui. « Donald Trump affirme que cela n’a aucune importance qu’il soit le fils d’un des plus accomplis des promoteurs de Manhattan. Parce qu’il aurait de lui-même obtenu le même succès s’il était né dans une famille qui avait travaillé dans les mines de charbon », analyse Cederström.

 

Notre monde est devenu tel que nous sommes entrés dans une société de consommation où l’on ne peut plus se sentir accompli en ayant acheté un jean : en réalité, ce n’est ici qu’un demi-succès. Voire, le minimum pour éviter l’échec.

Et Cederström de finir : « Nous devrions aussi comprendre que tout ce dans quoi nous avons réussi, c’est également quelque chose où nous avons échoué. »  


via Business insider




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