Livres en impression à la demande d'Amazon, royaume du piratage ?

Clément Solym - 19.09.2018

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L’impression à la demande, technologie d’avenir, rime-t-elle désormais avec piratage et contrefaçon ? Une fois de plus, les services d’Amazon sont mis en cause et l’absence de contrôle pèse lourd. Surtout pour les ayants droit.


Cape Buffalo
Jason Wharam, CC BY ND 2.0
 

 

C’est le Digital Reader qui en fait état : alerté par un auteur, il comprend qu’une maison d’édition est en train de commercialiser des ouvrages en impression à la demande, sans disposer des droits. 

 

Forgotten Books dispose d’un catalogue de quelque 80.000 exemplaires, qui s’est constitué avec le temps. En effet, depuis plusieurs années, la société s’est emparée de titres proposés via le Projet Gutenberg — une plateforme qui met gratuitement à disposition des ouvrages du domaine public numérisés.

 

Or, c’est également en puisant chez Google Books que l’entreprise a constitué son stock. Aujourd’hui bien moins médiatisé, le service de Google avait procédé à la numérisation de centaines de milliers de livres, scannés parfois dans des conditions douteuses. Une partie de ces textes relevaient du domaine public, mais pas tous, tant s’en faut.

 

Le Syndicat national de l’édition, en France, avait ainsi porté le fer contre Google Books, dans un contentieux qui s’est éternisé d’octobre 2006 à juin 2012. Un accord-cadre — au demeurant jamais dévoilé — avait permis de mettre un terme à la discorde. Le fait que Google ait numérisé et donc rendu accessibles des ouvrages sous droit n’était pas très bien passé.

 

En s’alimentant à une source dont une partie du catalogue repose sur de la contrefaçon (et aujourd’hui encore !), Forgotten Books se retrouve à publier des textes qui sont encore sous droit. Sans les avoir. Toutefois, il reste difficile de savoir dans quelle proportion — et par conséquent, quel est le préjudice subi par les auteurs et les éditeurs concernés. 

 

L'arnaque aux faux livres écrits par des
robots court chez Amazon France

 

On retrouve par exemple le roman d’Ernest Hemingway, Pour qui sonne le glas, qui n’est pas encore dans le domaine public. 

 

C’est donc le laxisme d’Amazon qui pêche, et le service CreateSpace, qui devient le vecteur d’un piratage inquantifiable, mais bien réel. 

 

Amazon a récemment décidé de fusionner son service avec l’autre outil, dédié à l’autopublication, Kindle Direct Publishing. On ignore quelles mesures de surveillance permettront d’éviter les écueils de ce genre.




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