Livres jetés, brûlés, empilés : des gestes symboliques de la colère des enseignants

Clara Vincent - 17.01.2020

Edition - Société - Reforme des retraires - Education nationale France - manuels scolaires enseignants


Lors de ces dernières journées de mobilisation contre la réforme des retraites, des enseignants ont jeté des manuels scolaires derrière les grilles de rectorats de plusieurs villes en France, ou ont constitué des barricades avec les ouvrages. Des mises en scène qualifiées par les grévistes de « symboliques » pour manifester tant leur colère que leur inquiétude de voir leur profession menacée par les décisions du gouvernement. 

Barricade de livres scolaires devant le rectorat de Clermont-Ferrand, le 14 janvier
(via Twitter)


L’enveloppe budgétaire annoncée par le ministère de l’Éducation n’a pas suffi à calmer la colère des enseignants. D’un montant de 400 à 500 millions €, celle-ci vise à assurer à la profession la préservation du montant de leur pension de retraite malgré la nouvelle réforme. Aux yeux des syndicats représentatifs, cette proposition du gouvernement n’est qu’une « avancée », loin de signer la fin de la contestation. 

Signe de leur détermination à poursuivre leur mobilisation : jeudi 16 janvier, 43e journée de grève, nombre d’entre eux se sont rassemblés dans la rue partout en France. Le taux de grévistes de grévistes étant de 18,81 % dans le primaire, et de 16,49 % dans le secondaire, selon les chiffres du ministère, et de 40 % et 50 % selon les syndicats. 

Dans plusieurs villes, des enseignants ont alors décidé de rendre leur protestation plus significative en jetant des manuels scolaires obsolètes, des craies ou des cartables par-dessus les grilles de différents établissements scolaires ou rectorats de France. 

L’action a d’abord été menée à Sceaux, au Lycée Lakanal ce lundi 13 janvier, et s’est reproduite le lendemain à Clermont-Ferrand ainsi qu'à Paris, devant la Sorbonne. Jeudi 16 janvier, plusieurs manifestants de la ville de Caen ont également décidé de reprendre le geste de leurs confrères, après s’être réunis devant les grilles de leur rectorat aux alentours de 13h15. 
 



Comme en témoignait Nicolas, professeur d’histoire auprès de Tendance Ouest, il s’agissait aussi là de s’inspirer « du jet de robes des avocats ».

Aux yeux des manifestants cette action est de valeur symbolique. « Il n’y a plus de sacralisation des manuels. On n’a pas choisi ces nouveaux programmes qui n’ont aucun sens. Cette action est symbolique », a témoigné une autre manifestante, Camille, qui enseigne au collège Avranches, en référence à la nouvelle réforme des lycées mise en place par le ministre de l'Éducation, Jean-Michel Banquer.
Les manuels scolaires n'étaient toutefois pas les seuls à servir de projectile. Comme en témoigne un tweet posté par Tendance Ouest, on voit un professeur brûler le roman Fahrenheit de Bradbury. Un geste qui n'a pas attiré que des commentaires bienveillants de la part de certains internautes, qui dénoncent des méthodes peu recommandables.
 


Via L'Obs, Tendance Ouest


Commentaires
Jeter, brûler des livres... Mmh!
Orwell, on te brûle ! Dis quelque chose
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