Livres : livraison à 1 centime, Mme Filippetti, M. Montebourg que faire ?

Nicolas Gary - 25.07.2014

Edition - Economie - Filippetti livres - Montebourg Amazon - vente internet


Ils sont deux parlementaires à avoir rapidement saisi le ministère de la Culture : encadrer la vente à distance de livres, pour « rétablir une concurrence équilibrée », était devenu le credo de la rue de Valois, durant les discussions. C'est qu'il s'agissait d'interdire le cumul de la gratuité des frais de port et de la remise de 5 %. Mais Amazon avait la parade.

 

 

 

 

Romain Voog, le PDG d'Amazon France, avait pourtant averti les éditeurs, en janvier 2013 : si une loi encadrant les frais de port voyait le jour en France, la société américaine serait prête à tout, et déjà, à introduire une parade fixant les frais de port à 1 centime. Cela n'a pas tardé, puisqu'un mois à peine après la mise en place de la législation, Amazon a immédiatement réagi. Si la gratuité des frais de port est interdite, cumulée avec la remise de 5 % pour les sites de vente en ligne, les achats sont désormais facturés avec 1 centime d'euros de frais d'expédition.

 

Une situation désastreuse, puisque, la vente de livres en ligne est désormais plus chère qu'en librairie, l'effet escompté par le cabinet de la ministre est clairement raté. Chose que n'ont pas manquée de remarquer deux députés UMP, Lionel Tardy et Pierre Morel-A-L'Huissier.

 

Évidemment, ce n'est pas le camp socialiste qui s'est lancé dans la dénonciation de l'inutilité de la loi. N'oublions pas que ce sont justement des députés UMP qui avaient porté le projet originel, MM Jacob, Gaympard et Geoffroy. Logique que, dépossédé de la législation, qui aurait été contournée de la même manière par Amazon, le groupe UMP pointe ce qui ressemble tout de même à un échec socialiste.

 

Ainsi, les deux députés ont saisi la balle au vol : le 22 juillet, MM Tardy et Morel-A-L'Huissier ont interpellé la ministre de la Culture et le ministre du redressement productif. « Peu de temps après l'entrée en vigueur de cette loi qui interdit la gratuité des frais de livraison dans le cadre d'une vente à distance, plusieurs gros commerçants vendant à distance ont annoncé la fixation de leurs frais à 1 centime d'euro », explique le premier. Et d'ajouter : « Cette pratique, qui était prévisible, a pour conséquence d'annuler presque totalement les effets de la loi. » 

 

Que ce soit Arnaud Montebourg ou Aurélie Filippetti, les ministres sont priés d'intervenir pour donner leur avis sur cette nouvelle position du cybermarchand, pas vraiment gêné, manifestement, par l'arrivée de la nouvelle législation. (via NextInpact)

 

Soulignons également qu'Amazon a, depuis, mis en valeur l'achat de livres d'occasion, en proposant une solution véritablement présentée comme une alternative à l'offre neuf...