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Livres perdus, enfants en laisse, Dante en liesse : on lanterne à Montréal

Nicolas Gary - 15.11.2018

Edition - Société - carnet bord Montréal - Midam enfants concours - livres Culture salon


#SALONLIVREMTL18 – Dante s’est planté, il a oublié un cercle à ses enfers. Au coeur de la carte infernale dessinée par le poète, en 10e place, se trouve en réalité la journée scolaire du salon du livre de Montréal. Difficile de savoir qui l’on y punit réellement, ce qui n’empêche pas le visiteur d’expier. Tout du jour… Et chose plaisante, ils seront 18.000 à venir. L'enfer, c'est les hôtes !

 


ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 

Pas de bonne journée sans un café, ce devrait être inscrit sur le frontispice de toutes les mairies. Accompagné d’un muffin au bleuet (attention, ça tache fort !), et tout peut débuter. Comble, pour cette première journée de Salon de Montréal, les gens lisent dans le métro. Pas banal, assure-t-on, et peut-être est-ce vrai, mais dans la rame, ça page-turn…
 

 


Certes, donc, l’enfer existe bien, et il est composé de centaines et centaines de collégiens qui courent, hurlent, jouent — certains, les plus téméraires, lisent ! Mais on savoure une ambiance familiale et joyeuse avant tout. Sur la Grande place, le dessinateur Midam donne de sa personne et dévoile les ficelles de son trait. Comment dessiner le petit barbare et la princesse qui sont au cœur de Game over, la série dont le 17e tome vient de sortir chez Glénat, Dark Web.

 

Ils sont plus d’une soixantaine, assis ou allongés, à écouter religieusement et reproduire le trait, alors que Midam sur scène donne le tempo. Et quand il annonce que les quatre dessins réalisés seront offerts à ceux qui trouveront un message collé sous leur chaise… eh ben c’est pas l’émeute du tout. Les jeunes regardent délicatement sous LEUR chaise, sans tenter d’aller étriper le voisin ou de bousculer qui que ce soit pour retenter sa chance.

 

Mieux : ceux allongés par terre se regardent, et haussent les épaules : « Tant pis, on aurait dû s’asseoir. » Sourires complices de Midam et Araceli, sa collaboratrice : on n’imagine pas un tel calme, sous d’autres cieux… Ah, doux Québec.


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Moins joyeuse, en revanche, la mésaventure des éditeurs suisses, qui occupent traditionnellement un espace à Montréal. Sauf que ce 13 novembre, désarroi : l’espace est étrangement vide. Les livres expédiés depuis la Suisse ne sont pas arrivés — en transit par New York, thème du salon de Genève 2018, un signe ? Incompréhensible, mais surtout pas très fun, voire ben plate. L'enfer, c'est les autres...

 

ActuaLitté, CC BY SA 2.0
 
 

Cette année, chose rare donc notable, deux ministres feront le déplacement pour l’inauguration, Nathalie Roy, pour la Culture, et Pablo Rodriguez, pour le Patrimoine. L’année passée, Marie Montpetit avait bien fait une apparition, suivie d’un discours, mais la présence de deux représentants du gouvernement se savoure côté organisateurs : « On a bossé dur pour ça », soupire-t-on, soulagé.

 

Contrairement aux salons français, où les politiques ne manquent jamais de venir saluer les lecteurs et les caméras, la traditionnelle présence politique à Montréal n’est pas acquise. 

 

Pourtant, l’équipe ministérielle de Nathalie Roy reste prudente sur les sujets : pour Amazon et le prix littéraire des collégiens, bien entendu, il faudra faire quelque chose. Mais « nous sommes arrivés voilà peu, et n’avons pas encore la maîtrise de tous les dossiers », indique l’entourage de la ministre.

Définitivement, l'enfer, c'est pas Dante, c'est les autres. Dis, Midam, tu nous dessines une princesse – et me refais pas le coup du mouton ?





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