Llibé des écrivains : 'Il y a une vertu décapante dans cet exercice'

Clément Solym - 16.03.2011

Edition - Société - liberation - ecrivains - actualité


À l'occasion de la sortie, demain, du Libé des écrivains, où 40 écrivains prennent possession des colonnes du quotidien, Claire Devarrieux, chef du service livres de Libération, répond à nos questions. (notre actualitté)



Quelle valeur apportent des écrivains dans le cadre d'une journée où Libération leur ouvre ses colonnes ?
Les écrivains, par leur simple présence, par leur regard, font exploser les cadres des rubriques, de l'actualité. Il y a une vertu décapante dans cet exercice.

Ce sera donc la 5e édition de ce Libé spécial. Quelles contributions vous ont le plus marquée ?
Je me souviens de François Sureau, écrivant à la main, d'un trait, de Jean d'Ormesson dirigeant le comité de rédaction, de l'article de Iegor Gran sur les mémoires de Claude Lanzmann, de celui de J.M. Coetzee sur Norman Mailer.

Je me souviens de Jacques Roubaud et Anne F. Garetta travaillant ensemble, de Marie Darrieussecq allaitant son bébé au comité de rédaction, près des volutes de la cigarette de Philippe Sollers.

Des événements récents, le Japon occupe une grande place dans l'actualité. Qui en a pris la responsabilité et comment s'est fait son choix ?
Il n'y a pas à choisir, ou pas, le Japon. Il s'impose. C'est la différence entre l'actualité et la littérature

Finalement, à travailler avec des journalistes et des écrivains, comment les distingue-t-on ?
L'actualité est une matière difficile, à la fois évidente et moins imposée qu'on ne croit: les journalistes sont là pour s'en emparer, pour la transmettre, la traiter, l'inventer éventuellement.

Les écrivains travaillent, et sont travaillés par, un autre matériau.