Lolita, Vladimir Nabokov ne s'en fichait pas

Antoine Oury - 06.02.2014

Edition - International - Vladimir Nabokov - Lolita - fiches de brouillon


La publication posthume du roman Laura, sous le titre L'Original de Laura (C'est plutôt drôle de mourir), par les éditions Gallimard, en 2010, avait donné l'occasion de (re)découvrir le mode d'écriture bien particulier de Vladimir Nabokov. L'écrivain avait en effet pris l'habitude de rédiger ses manuscrits sur des petites fiches, qu'il pouvait classer selon l'ordre qu'il souhaitait donner à son récit.

 


 

 

La traduction du texte en français par Maurice Couturier était agrémentée, dans l'ouvrage publié par la maison Gallimard, des fac-similés des fameuses fiches, et le site Open Culture a mis la main sur celles utilisées pour la rédaction de Lolita, sans aucun doute le roman le plus sulfureux - et fameux - de l'écrivain américain né en Russie.

 

Comme le montre l'exemplaire ci-dessus, Nabokov n'hésitait pas à transcrire son texte en dessins, mais aussi en français ou en russe, pour déterminer le meilleur syntagme à utiliser. Par ailleurs, l'auteur-joueur se laissait parfois aller à des jeux de mots, ou des mots croisés, dans les trois langues qu'il maîtrisait.

 

« La forme de l'expression précède l'expression », soulignait l'auteur. « Je comble les lacunes du texte où je le désire. Ces morceaux de textes que je rédige sur des fiches de renseignements. Mon planning est plutôt flexible, mais je suis intransigeant sur mes outils : des fiches Bristol et des crayons bien taillés, mais pas trop, surmontés d'une gomme. »

 

L'anecdote veut que Nabokov transportait sur lui plusieurs fiches vierges, et qu'il rédigeait notamment ses textes lors des trajets vers les rendez-vous de collectionneurs de papillons et autres coléoptères, dont il était féru.