Londres : l'Égyptien Alef ouvre la première librairie arabophone

Camille Cornu - 19.11.2015

Edition - Librairies - librairie Alef - londres


Une des plus importantes chaînes de librairies égyptiennes, Alef, vient d’ouvrir une boutique à Londres. Il s’agit d’une première en Europe pour cette chaîne qui est pour l’instant présente uniquement en Égypte, avec une trentaine de boutiques dans le pays, dont une quinzaine à Alexandrie et cinq au Caire. Alef entame ici un tournant international, dans le but de « répandre et valoriser la littérature arabe autour de la planète ». 

 

AlefLondon

photo prise à la librairie - Clive Varley, CC BY 2.0

 

 

Le directeur stratégique des librairies Alef, Moustafa El-Shenety, a confié au Daily News : « Nous rêvions d’une chaîne de librairies arabes généralistes qui pourrait participer à la construction d’une meilleure génération dans notre région, grâce à un meilleur accès aux livres et à la connaissance, et aussi pour donner une meilleure vision de notre région. Nous ne sommes plus seulement trois désormais, mais des centaines à partager ce rêve, qu’il s’agisse d’employés, de franchisés, de clients ou de fans ». 

 

Avec Omar El-Shenety (sponsor) et Ahmed Rahmy (manager général), ils ont passé des années à analyser les options qui s’offraient à eux pour construire de projet d’un spot culturel qui « valoriserait et répandrait la littérature arabe à travers le monde ». 

 

S’ils ont choisi Londres comme première ville d’accueil de leur présence à l’International, c’est que la ville comporte, selon eux, la plus grande communauté arabophone d’Europe. Pourtant, la ville ne comptait encore aucune librairie offrant une telle gamme de choix de titres arabes. 

 

Ils attendent donc de cette boutique qu’elle devienne un modèle arabe pour vendre et soutenir la littérature arabe. « Nos titres arabophones représentent 35 % de notre fond. Et nous avons aussi un large choix de livres traduits afin d’initier les étrangers à la littérature arabe », a expliqué Rahmy.

 

Le succès de la chaîne avait été florissant en Égypte, s’appuyant sur la certitude optimiste de ses fondateurs, persuadés que « si les gens ne lisent pas, c’est qu’ils n’ont pas accès aux livres ». Alors que les statistiques concernant le nombre de lecteurs en Égypte étaient plutôt basses, le fait de fournir des librairies de proximité a prouvé que les Égyptiens étaient demandeurs de lecture. 

 

C’est donc avec le même optimisme que la chaîne espère conquérir le marché de la lecture arabophone quasi absent à Londres. 

 

(via publishingperspective