Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

“Lorsqu'un enfant rencontre un livre, il devient lecteur”

Clément Solym - 23.01.2017

Edition - Société - lecture france édition - lecteur enfant - président république programme


Si la présentation des vœux donne plus souvent lieu à ce qu’un bilan soit établi, ceux du Centre National du livre ont offert l’occasion d’un petit exercice de prospective. « Peu d’entre nous regrettont 2016 et 2015 », annonçait le président, Vincent Monadé. Certes. Mais ils seront nombreux à avoir les yeux tournés vers 2017, en regard des annonces esquissées...

 

 

 

Pour bilan, le CNL pose tout de même quelques jalons : d’abord, la rémunération des auteurs durant les festivals littéraires. La réforme avait introduit une obligation de rémunération, dès lors que la manifestation bénéficiait d’un soutien du Centre : en 2016, 2 millions € furent reversés aux écrivains, en droits d’auteur.

 

Avec la 3e édition de Partir en livre, anciennement Lire en short, il y a aussi motif à se réjouir : cette année, Gilles Bachelet signera l’affiche de l’édition 2017, et, souligne le président, Vincent Monadé, les résultats de 2016 furent au-delà des attentes. Si l’enfance est au cœur du projet du Centre, indirectement, c’est avant tout pour favoriser l’essor d’une nation de lecteurs :

 

 

 

Mais 2017 sera une année triple : d’abord, la simplification des procédures administratives, pour chacun. « Nous devons arriver à rompre avec la lourdeur administrative », assure le président du CNL à ActuaLitté. Dans un deuxième temps, favoriser les interactions entre éditeurs et libraires, à travers ce que l’on appelle la surdiffusion : des aides accompagneront ainsi les maisons qui travaillent au plus près avec les librairies – événements en amont des mises à l’office, etc.

 

Et d’autres projets attendent : l’évaluation de l’effet que les aides versées peuvent avoir débutera avec celles des librairies indépendantes. Ces aides « doivent permettre aux professionnels d’améliorer leurs pratiques, leur réalisation, leurs marges, même, si possible. Si tel n’est pas le cas, alors elles doivent être réformées », indique le président.

 

Quelques autres pistes sont lancées : la poésie, par exemple. « Il me paraît nécessaire de réfléchir à la diffusion de la poésie et d’innover, de faire des propositions pour que cet art majeur retrouve la place qui devrait être la sienne. » En vers, donc, et contre tous ? Le livre audio pourrait trouver une nouvelle place au Centre, alors que son développement semble manifeste. Et plus encore, l’automatisation de certaines aides.

 

« Vous le voyez, il me reste à faire. Agir est mon moteur. Mais, on le sait depuis Mad Max, un moteur ne sert à rien sans essence », insiste le président. Rires dans la salle.

 

Mais toutes ces actions nécessitent avant tout une consolidation du budget de l’établissement. Au cours des trois dernières années, plusieurs coupes ont été opérées. Pour 2017, un budget de 28 millions € a été présenté au conseil d’administration. Le rendement des taxes reste malgré tout en baisse : le Centre devra se recentrer sur sa « mission essentielle, le soutien aux auteurs, aux éditeurs et aux libraires (auquel s’ajoute la numérisation du patrimoine) ».

 

De même, plusieurs financements pris en charge, par le passé, par le Centre, seront remis en cause : « Nous devrons être capables, si la dégradation [des rentrées fiscales] se poursuit, de revenir sur ces financements. »

 


 

L’année 2017 sera placée plus que jamais sous le signe de la loi Lang, pour que le livre demeure au cœur de la société... En cette année d’élection présidentielle, « il paraît que l’on peut porter des messages », souligne le président en incise. Encore faut-il être assuré que ces messages parviendront à leurs destinataires.