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Lost Girls d'Alan Moore, premier livre banni de la New Zealand Library ?

Julien Helmlinger - 22.10.2013

Edition - International - Lost Girls - Alan Moore - Erotisme


La censure, la barbe pour Alan Moore ? Tandis que son hommage à Lovecraft, Neonomicon, avait été retiré de la bibliothèque du comté de Greenville l'an passé, voila que son récit illustré par son épouse Melinda Gebbie, Lost Girls, en aurait fait les frais à son tour. Selon le Sydney Morning Herald, le livre serait le premier à être exclu du catalogue de la bibliothèque nationale de Nouvelle-Zélande pour son contenu sexuel trop explicite. En revanche, le service affirme quant à lui n'en avoir jamais possédé un exemplaire.

 

 

 

 

 

L'oeuvre du couple d'artistes prend la forme d'un roman graphique qui n'est certes pas destiné aux enfants. Il évoque les aventures érotiques de trois héroïnes de contes de fées bien connues, Alice du Pays des merveilles, Dorothy du Magicien d'Oz, ainsi que Wendy de Peter Pan. Celles-ci ont grandi et se croisent par hasard à l'aube de la Première Guerre mondiale dans un hôtel autrichien. Les copines un peu perdues commencent alors à partager leurs fantasmes et expériences sexuelles. Viol, inceste, toxicomanie et autres rencontres sordides sont au rendez-vous

 

Comme le rapporte Fairfax NZ News, un exemplaire du conte sulfureux aurait été acquis par la bibliothèque nationale, courant 2008, à la demande d'un usager du service. Bien que le livre n'ait pas été classifié par les censeurs, à la suite de question soulevées quant à son contenu, la bibliothèque aurait opté pour l'auto-censure de peur d'enfreindre la loi. Un choix que contesteraient désormais ceux qui entendent que l'institution soit un modèle de défense de la liberté d'expression littéraire.

 

Cette version de l'affaire leur était confirmée par Louis LaHatte, directeur régional des collections en charge des bibliothèques de la ville d'Auckland.

 

Mais dans un communiqué publié lundi, Alison Elliott, directrice des contenus de la Bibliothèque nationale de Nouvelle-Zélande, a déclaré que ce rapport était inexact. Selon elle l'ouvrage n'aurait jamais été « retiré du catalogue de la Bibliothèque nationale », arguant que l'institution n'en aurait jamais possédé le moindre exemplaire. Elle affirme que le service de prêt n'a jamais été impliqué dans un effort visant à faire retirer le titre de n'importe quel catalogue.

 

Si le livre n'est évidemment pas à conseiller à un jeune public, pour ses illustrations qui n'épargnent aucun détail, il revêtirait néanmoins un intérêt artistique indégniable, en mélangeant les registres fantaisiste, pornographique ou philosophique. Le livre a fait un carton dans les librairies américaines, plusieurs fois réédité, mais sa sa publication française avait connue quelques retards avant de paraître en librairies en 2008, chez Delcourt.