Luc Chatel : « Le souci, c'est qu'il existe 60 millions de ministres de l'Education nationale. »

Clément Solym - 14.12.2009

Edition - Société - Chatel - entretien - réformes


Avec la réforme du lycée, Luc Chatel, tout juste installé au poste de ministre de l’Education nationale, a déjà beaucoup à faire. Mais, quand on sort du seul sujet de l’histoire-géographie en terminale scientifique, il ne manque pas d’idées pour changer la grande maison.

Interrogé par nos confrères du Journal du dimanche, Luc Chatel, qui a passé quinze ans dans le privé comme DRH, livre ses volontés de changement. Et c’est au niveau du management qu’il souhaite insuffler un courant nouveau. Si, jusqu’à présent, on ne s’occupait que peu de la gestion des ressources humaines à l’Education nationale, le nouveau ministre a l’intention de faire du ménage à ce niveau. Pour cela, il a recruté « une directrice des ressources humaines. Elle vient de la RATP, où elle a montré toutes ses qualités. »

Fidèle au grand maître, Luc Chatel affirme qu’il veut « aussi faire confiance aux chefs d’établissement et aux professeurs. Leur accorder une certaine autonomie, je n’ai pas peur du mot, parce qu’ils savent mieux que moi comment adapter les moyens aux circonstances qu’ils rencontrent dans l’exercice de leur métier. »

Selon le ministre, la réforme du lycée, loin de dénigrer l’histoire, renforce plutôt les enseignements généraux sur l’année de première. « Désormais, les élèves de première auront tous quatre heures hebdomadaires et le même programme pour une culture commune partagée », déclare-t-il.

Sur la question de la carte scolaire, Luc Chatel souhaite poursuivre le mouvement d’assouplissement pour sortir de l’ancien système qui, selon lui, était le « pire qui soit, un système d’initiés avec ceux qui savent comment détourner la carte scolaire et le font, et les autres qui subissent les inégalités sans pouvoir rien faire. »

Prêt à mettre les moyens là où il faut, le ministre de l’Education nationale se dit ouvert à la possibilité de revoir la prime offerte aux enseignants travaillants dans les zones sensibles. Il affirme qu’il veut « des recrutements sur ces postes de personnels motivés, expérimentés, formés à l’enseignement dans les quartiers difficiles. » Encore de bien belles paroles…dont nous attendrons tous la concrétisation…