Luc Ferry : Philosopher, c'est apprendre... à citer ses sources ?

Clément Solym - 18.09.2012

Edition - Société - Libération - Le Figaro - Luc Ferry


La rentrée médiatique est déjà largement entamée, mais les différents titres de presse n'ont pas encore fini de multiplier les offres promotionnelles pour attirer un lecteur de plus en plus prompt à se tourner vers... vers ce qui est proposé, en fait. Les éternels rivaux Libération et Le Figaro tablent chacun sur la philosophie, tandis que Le Monde joue les rebelles.

 

 

 

 

Le Figaro, avec Le Point, a ainsi fait plancher son philosophe préféré, Luc Ferry, lequel investit régulièrement les colonnes du quotidien. Pendant 20 semaines et à raison d'un livre d'une centaine de pages, Ferry explorera divers concepts par une oeuvre ou des auteurs : Spinoza et Leibniz - Le bonheur par la raison,  Hegel et l'idéalisme allemand - Penser l'Histoire ou encore, pour terminer, La philosophie aujourd'hui - Où en est-on ?. Les apôtres de l'ex-ministre de l'Éducation nationale en auront pour leur argent : une conférence enregistrée (1h15 pour la première, tout de même) accompagne chaque bouquin.

 

Côté Libé, on assume sa coolitude de bobo, et on invite carrément dans la rédaction pour étudier la philo : 80 € pour 4 « Master class », des conférences qui offrent « la possibilité d'assister à l'élaboration in vivo de cette «intelligence des choses», en leur permettant de suivre les exposés ou conférences d'historiens de l'art, de sociologues, d'économistes, de philosophes, d'hommes de science... » Pour un thème commun, toutefois : l'amoooour ! Avec André Comte-Sponville pour commencer un programme pas très inventif... On notera l'absence de Luc Ferry, pourtant auteur d'une Révolution de l'amour, c'est pas très gentil ça...

 

Mais, en face, Monsieur Luc Ferry nous gratifie d'une citation qui rappelle avant tout le Montaigne des Essais et son apprentissage de la mort par la philosophie. Mais la phrase est en fait de son propre mentor, André Comte-Sponville, qui l'écrivait dans Impromptus : ce n'est plus vraiment le gai savoir, mais Ainsi plagiait Zarathoustra...

 

 

 

 

Enfin, les publicités pour la nouvelle collection du Monde, consacrées aux rebelles de tout poil, prennent d'assaut les couloirs du métro parisien : Les résistants pour commencer, puis, en vrac, Jean Jaurès, les anar', Victor Hugo ou François Mauriac... Une collection dirigée par Jean-Noël Jeanneney, que l'on connaît surtout, au sein d'ActuaLitté, pour avoir fait le rebelle face à Google...