Lutter contre Quebecor, un devoir moral pour Gil Courtemanche

Clément Solym - 25.11.2010

Edition - Société - contester - prix - litteraire


La présence de son livre sur la liste du Prix Achambault avait provoqué sa petite colère : Gil Courtemanche a fait souffler un vent de solidarité sur cette récompense, estimant qu'un prix dépendant d'un groupe comme Quebecor n'était pas à son goût. (notre actualitté)

Je ne veux pas mourir seul, livre sélectionné et finalement bientôt retiré ? Les autres auteurs et les organisateurs du prix ne sont pas vraiment en liesse. Citant la porte-parole du prix, Cyberpresse fait un état des lieux particulièrement mitigé. « Je respecte ce qu'il a fait, il est cohérent. Mais cela place les auteurs entre l'arbre et l'écorce et à prendre position dans des querelles qui concernent d'autres personnes. Je trouve ça dommage », explique Caroline Allard.

Il en va de même pour les autres auteurs présents dans la liste. « Est-ce que les lauréats du Grand Prix Québecor du Festival international de la poésie seraient coupables d'aplat-ventrisme devant l'empire médiatique personnalisé par Pierre Karl Péladeau », interroge Jean-Simon DesRochers ?

« Si une chose pareille était arrivée en 2005 quand je l'ai gagné, j'aurais été en christ, dit-il. C'était probablement le seul prix que je pouvais remporter à ce moment-là, je commençais ma vie d'écrivain. Et puis, jusqu'où ça va aller ? Faut-il boycotter les librairies Archambault aussi », souligne Caroline Allard, ancienne lauréate.

Même l'éditeur Alto estime qu'il y a là un problème de positionnement.

De sont côté, Courtemanche n'en démord pars. Et quand on lui demande pourquoi un retrait aussi tardif, il affirme que c'est vraiment pour marquer les esprits. Et sûrement pas parce qu'il roule sur l'or : « Je n'en ai pas les moyens. Je ne suis pas riche, et 10 000 $ seraient très bienvenus. Ça ne m'est jamais passé par l'esprit. D'ailleurs, c'est la deuxième fois que je suis en nomination pour ces prix, et la dernière fois, j'ai accepté, parce qu'il n'y avait pas de lock-out. »

Pointant une situation sociale douloureuse, autant que le comportement d'un groupe puissant et une attitude de requin. « Pour Péladeau, cela n'a rien de sacré, c'est une business comme les autres. Quand les profits sont au plus bas, il réduit son personnel et s'il y a une crise dans le domaine du livre et que ses employés veulent des conditions de travail, il pourrait les envoyer en lock-out. Quebecor, avec des dons de charité qu'il déduit de ses revenus, pour lequel il a des compensations fiscales, a une politique de présence dans différents domaines, comme toutes les entreprises. »

Tendu, donc...